"On essaie de comprendre ce qu'on aurait pu faire de mieux" : les militants insoumis déboussolés après les européennes

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a recueilli un peu plus de 6%, un score bien loin des attentes.

La tête de liste de La France insoumise aux européennes Manon Aubry le soir des élections.
La tête de liste de La France insoumise aux européennes Manon Aubry le soir des élections. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Une crise peut en cacher une autre. Comme le parti Les Républicains, La France insoumise traverse une zone de turbulences après les élections européennes. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est arrivé cinquième, avec 6,3 % des voix. Bien loin de ce qu’il espérait. Depuis, les critiques ont fusé en interne : sur la ligne politique du mouvement mais aussi sur le fonctionnement de La France insoumise qui serait trop vertical.

Beaucoup de questions

Après les résultats des élections européennes, Simon, militant insoumis, s'est posé beaucoup de questions : "Je ne dormais pas beaucoup, raconte le jeune homme. C'est vrai qu'on se questionne pour essayer de comprendre ce qu'on aurait pu faire de mieux." Malgré tout, pas question pour ce Parisien de rejeter la faute sur le leader du mouvement Jean-Luc-Mélenchon : "Je ne suis pas de ceux qui, après une élection plus compliquée, vont pointer du doigt la personne qui incarne le mouvement. J'ai envie qu'il nous dise ce que nous allons devoir changer, sur quel point nous devons évoluer."

Il y a des coups durs, des coups de mou, mais on ne va pas tout jeter par la fenêtre.Simon, un militantà franceinfo

Jean-Luc Mélenchon a promis de faire un bilan de cette élection au courant du mois de juin. Mais certains, comme Anne-Claire, militante et enseignante-chercheuse, tirent déjà leur propre conclusion. "Nous avons certainement pâti de la polarisation de la vie politique, assure-t-elle. C'est-à-dire du duel entre le Rassemblement national et La République en marche."

Pourtant, La France insoumise a bien tenté de s’immiscer dans ce duel et de disputer au RN le rôle de premier adversaire à Emmanuel Macron. Une stratégie remise en question par Laurent, un autre militant : "On ne peut pas simplement être sur une logique de referendum anti-Macron. Au début, il me semble que nous avons un peu trop collé à ce discours là. Il faut aussi donner une espérance commune. À mon sens, nous avons un bon programme. Donc nous avons du contenu. Après, il faut pouvoir donner corps à cette espérance."

Un mouvement trop vertical ?

Pour ce militant, ces élections européennes sont l'occasion de se remettre en question et de débattre au sein du mouvement. "Il n'y a pas de parlement qui pourrait être un lieu d'échanges sur les différentes orientations possibles", regrette Laurent. Ce manque de démocratie est également pointé par une quarantaine de cadres et militants de La France insoumise. Dans une note, qui a fuité jeudi 6 juin, ils préconisent une solution radicale : refonder le mouvement.