Marine Le Pen fait campagne…en son nom

La rentrée politique sera l'occasion pour la candidate FN de mettre en pratique sa stratégie de campagne, où le terme "Front national" n'est plus mentionné.

Marine Le Pen ne se voit pas comme \"la candidate du FN\", mais comme une candidate \"soutenue par le Front National\".
Marine Le Pen ne se voit pas comme "la candidate du FN", mais comme une candidate "soutenue par le Front National". (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La rentrée politique sera l'occasion pour la candidate FN de mettre en pratique sa stratégie de campagne, où le terme "Front national" n'est plus mentionné.

Sur le site internet du Front National Jeunesse, le rendez-vous fait la une. Du 7 au 10 septembre prochain, le mouvement organise ses traditionnelles journées d'été, à Villars-sur-Var, dans les Alpes-Maritimes. Mais pas de trace du nom FNJ, ni même FN, dans l'appellation de cet événement finalement intitulé « Journées d'été - Les Jeunes avec Marine ».
Au programme de ces trois journées, des activités sportives, des discussions et des rencontres avec Bruno Gollnisch ainsi que Jean-Marie et Marine Le Pen, soit les ténors du parti frontiste. Il est également proposé aux participants de prolonger leur présence pour assister à l'événement majeur qui débute dans la foulée, à quelques kilomètres de là, les « Journées d'été Marine Le Pen », du 10 au 11 septembre à Nice. Là encore, le nom du Front national n'apparaît pas dans le titre du rendez-vous.
« Rien de plus naturel, explique la présidente du FN. C'est l'université d'été d'une candidate, pas d'un parti ». La député européenne, investie par le mouvement frontiste en janvier dernier, se présente, non pas comme la candidate du FN, mais comme une candidate « soutenue par le Front National.»

Son objectif, s'assurer le ralliement de personnalités, à l'image du médiatique Gilbert Collard. L'avocat, proche de longue date de la famille Le Pen, s'est récemment mis en avant pour assurer que « Marine n'est ni raciste, ni xénophobe », sans prendre pour autant une carte d'adhérent au FN.
C'est le genre de soutien que recherche Louis Alliot. Le vice-président du parti assurait en juin « que des personnalités rejoindront Marine Le Pen pour le projet présidentiel, ce qui ne veut pas dire qu'ils adhèreront au Front National. » Une ouverture destinée à ne pas être désavantagé par une étiquette politique difficile à porter selon Louis Alliot : (à partir de 5'37)

Interview de Louis Alliot sur RFI le 17 juin 2011

Une stratégie qui pourrait également s'étendre aux législatives. Un tiers des 577 circonscriptions sont réservées à des « personnalités » qui choisiraient de rejoindre un « rassemblement patriotique » qui ne porterait pas, là encore, le nom de Front National.

« C'est un pari », souligne un haut responsable du parti, sous couvert d'anonymat. « Marine ne veut pas être prisonnière de l'appareil et de l'étiquette. Mais c'est potentiellement dangereux, nuance ce cadre. Il ne faut pas trop snober l'appareil, car ce ne sont pas les « trois amis » de Gilbert Collard qui iront lui coller ses affiches. » Et pour l'heure, le pénaliste marseillais est bien le seul soutien médiatique que compte la candidate.