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Loi Travail : pas de sortie de crise en vue

Le gouvernement a lâché du geste ce mercredi pour tenter de déminer l'épineux dossier de la loi Travail mais son refus de modifier l'article 2 sur l'accord d'entreprise éloigne une sortie de crise. De son côté, François Hollande a réaffirmé ce mercredi dans un entretien donné à nos confrères des Echos que l'article 2 serait maintenu dans sa version actuelle.
Article rédigé par franceinfo
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  (Laurent Berger (à gauche), secrétaire général de la CFDT, Manuel Valls (deuxième à droite) Premier Ministre, et Myriam El Khomri (troisième à droite) ministre du Travail © MaxPPP)

 Après quatre longs mois de mouvement social, le gouvernement a lâché un peu de lest en amendant l'article 13 de la loi Travail pour clarifier le rôle des branches professionnelles. Mais sans toucher à l'article 2, colonne vertébrale du texte, qui permet, par la négociation d'entreprise, de déroger aux dispositions sur le temps de travail. Et donc de fermer la porte aux syndicats contestataires reçus plus tôt aux côtés de la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

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Dans la soirée, on apprenait que François Hollande, dans un entretien donné à nos confrères des Echos, avait assuré à nouveau que l’article 2 serait maintenu dans sa rédaction actuelle et qu’il ne s’interdirait pas le recours à l’arme constitutionnelle du 49-3.

"J'ai confiance dans le syndicalisme"

"Sur la loi travail, je n'ai manqué à aucun de mes principe s", affirme le chef de l'Etat, pour qui "cette loi va permettre de donner au syndicalisme des moyens qu'il n'a jamais eus dans notre pays "."J'ai confiance dans le syndicalisme. Ce texte, c'est en réalité la prolongation des lois Auroux (de 1982) et de la première loi Aubry, qui avait fait de l'entreprise un lieu de négociation pour l'organisation du travail ", poursuit-il. 

"Pas de sortie par le haut" 

La sortie de crise semble s’éloigner : la CGT est ainsi toujours en "profond désaccord " avec Manuel Valls sur le projet de loi travail,  estimant, par la voix de son secrétaire général, Philippe Martinez que les "petites avancées sont très loin du compte ". Jean-Claude Mailly, le leader de Force ouvrière, a de son côté lancé qu’il n’y avait "pas de sortie par le haut ", en déplorant au passage "le blocage du Premier ministre ". "Ce n'est pas la fin du mouveme nt", a-t-il assuré, alors qu'une nouvelle journée de protestation est programmée mardi prochain. retour à la case départ, in fine, donc, pour FO...

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Côté CFDT, Laurent Berger, s'est dit "satisfait ", que "le coeur du texte ne soit pas touché ", en référence au maintien de l'article 2. Le président de la CFTC Philippe Louis a lui aussi fait part de sa satisfaction. 

Eviter le 49-3 dans la mesure du possible 

Quelques jours avant le retour du projet à l'Assemblée nationale le 5 juillet, le gouvernement espère s'épargner le recours à l'article 49-3, comme il avait dû s'y résoudre en première lecture. Pour autant, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a déjà fait savoir qu’elle pourrait y recourir, sans que cela ne puisse être considéré comme un "passage en force".                  

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