Primaire à droite : "Fillon arrive premier devant Copé, mais c'est un débat qui ne changera absolument rien"

Jean-Michel Aphatie, éditorialiste à franceinfo, analyse le premier débat télévisé de la primaire de la droite deu jeudi 13 octobre. 

Après celui du 13 octobre, deux autres débats de la primaire de la droite sont prévus : les 3 et 17 novembre. 
Après celui du 13 octobre, deux autres débats de la primaire de la droite sont prévus : les 3 et 17 novembre.  (MARTIN BUREAU / POOL)

Les sept candidats à la primaire de la droite se sont confrontés lors d'un premier débat télévisé, jeudi 13 octobre. D'après les sondages, Alain Juppé a été le plus convaincant alors que Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à marquer des points. Jean-Michel Aphatie, éditorialiste à franceinfo, analyse la confrontation, estimant que "c'est un débat qui ne changera absolument rien dans la bataille pour les primaires".

franceinfo : Que retenir du débat, avec un candidat peu connu parmi les sept ? 

Jean-Michel Aphatie : C'est un dispositif très préjudiciable. Sur l'économie, l'exercice s'est révélé insupportable, avec des sujets saucissonnés et des chiffres en série donnés par chaque candidat. La première heure était très ennuyeuse. Le dispositif était plus adapté sur les autres thèmes, mais le débat économique avait peu d'intérêt. Quant à Jean-Frédéric Poisson [Parti chrétien-démocrate], il s'est plutôt adapté à l'exercice. On a pu découvrir une personnalité assez sympathique. A défaut d'avoir retenu beaucoup de choses sur le fond, il a imprimé sa personnalité, un peu comme Jean-Michel Baylet en 2011 [lors de la primaire de la gauche]. Dans ces débats, l'image prime souvent sur le fond.

Est-ce qu'un concurrent a émergé ?

Quand on met sept personnes sur un plateau, tout le monde est à égalité, ce qui a nui à Nicolas Sarkozy et à Alain Juppé. On les sent moins présents. J'ai même trouvé Nicolas Sarkozy inhabituellement tendu. Dans sa première prise de parole, sa voix est un peu voilée. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Il n'était pas très à l'aise sur le plateau. De son côté François Fillon avait l'air d'être psychologiquement le plus préparé. Je ne sais pas si c'est celui qui a le plus envie d'être président de la République, mais c'est celui qui a le plus investi les sujets. Sur le plan économique, ça m'a semblé particulièrement net. Quant à Jean-François Copé, on voit qu'on lui a enlevé un poids terrible de l'estomac avec l'affaire Bygmalion. Et du coup, il est assez décontracté et souvent efficace. Pour moi Fillon arrive premier devant Copé. Mais c'est un débat qui ne changera absolument rien dans la bataille pour les primaires.

Peut-on imaginer les voir travailler tous ensemble ?

Nicolas Sarkozy et François Fillon sont souvent d'accord sur la partie économique. Ils disent pratiquement les mêmes choses. Les analyses de fond sont identiques, sauf parfois pour Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a parfois des idées plus originales que les autres. Mais autrement ils peuvent tous gouverner ensemble. C'est le pari, d'ailleurs, de la primaire. Ils s'affrontent mais sans être des adversaires, ce sont des concurrents. La seule fois où le débat a failli déraper, c'est sur les affaires. Il y a eu une vraie tension. On voit bien que ces gens se détestent. Ils peuvent travailler ensemble mais pas dans l'amitié.