"Mascarade", "hold-up" : quand d'irréductibles sarkozystes manifestent contre les résultats de la primaire de la droite

Déçus par l'élimination de leur champion, quelques militants se sont rassemblés vendredi à Paris devant le siège du parti Les Républicains.

Des partisans de Nicolas Sarkozy se rassemblent devant le siège du parti Les Républicains pour dénoncer les résultats de la primaire de la droite, vendredi 25 novembre à Paris.
Des partisans de Nicolas Sarkozy se rassemblent devant le siège du parti Les Républicains pour dénoncer les résultats de la primaire de la droite, vendredi 25 novembre à Paris. (VINCENT MATALON / FRANCEINFO)

"Il y avait 1 500 personnes inscrites à l'événement sur les réseaux sociaux, je ne sais pas où elles sont passées..." Debout devant le siège parisien du parti Les Républicains, vendredi 25 novembre, "Angel" ne cache pas sa déception. Cette militante LR des Hauts-de-Seine déplore qu'une petite quinzaine de sarkozystes convaincus seulement aient répondu à l'appel à se rassembler contre les résultats de la primaire de la droite, au cours de laquelle l'ancien président de la République a été éliminé dès le premier tour.

"600 000 gauchistes nous ont dépossédés de notre candidat"

Tous en sont convaincus : cette élection a été une "mascarade". "Le scrutin était ouvert à ceux qui partagent les valeurs républicaines de la droite et du centre, mais les 30% des électeurs qui venaient de la gauche ou du FN ont confisqué le vote !", s'agace Linda Uzan, ancienne conseillère régionale Les Républicains qui a organisé le rassemblement. Administratice d'un groupe Facebook qui réunit près de 5 000 partisans de Nicolas Sarkozy, elle souhaite interpeller le député Thierry Solère, chargé d'organiser la primaire sur ce "hold-up prémédité" dont a été victime son champion.

"On a été dépossédés de notre candidat par 600 000 gauchistes. Sans eux, Nicolas serait arrivé en deuxième position, devant Alain Juppé", abonde "Angel". Sur le coup de la colère, cette militante qui s'était rendue devant l'Elysée pour huer François Hollande lors de sa prise de fonctions a déchiré les trois cartes d'adhérents de sa famille. "Déprimée" après le choc des résultats du premier tour de la primaire, elle raconte avoir mis deux jours avant d'être capable de remettre le nez dehors.

"En plus des trois cotisations, je donnais 1 000 euros par an au parti. Tout ça, c'est fini, ça va leur faire du mal !", martèle celle qui refuse de communiquer jusqu'à son pseudo sur les réseaux sociaux car elle y "tape très, très fort" sur les opposants à l'ancien président. 

Henri Guaino comme nouvel espoir

Pour "Angel", comme pour Linda Uzan, pas question de retourner voter pour le second tour. "Les fillonistes tentent bien de nous attirer en nous envoyant des messages sur les réseaux sociaux, mais ça m'emmerde. Les deux candidats sont plus mollassons les uns que les autres, pas un n'a le quart de la passion qui anime Nicolas Sarkozy".

D'autres sont moins affirmatifs. "J'ai beaucoup hésité, mais je vais finalement voter pour François Fillon", confie Marjorie Morise. A l'image d'autres militants présents ce jour-là, cette militante de Seine-Saint-Denis espère désormais que l'ancienne plume de leur candidat, Henri Guaino, se lance dans une candidature en solitaire.

Au moment de rompre les rangs, la poignée d'irréductibles sarkozystes ne cache pas ses regrets que l'appel lancé sur les réseaux à "venir nombreux" n'ait pas été entendu.

"C'est dommage que tous ceux qui se précipitaient aux dédicaces pour prendre un selfie avec Nicolas ne soient pas là", peste Karine, qui a participé à l'organisation de l'événement. "Mais ce sont généralement les mêmes qui ont retourné leur veste dès dimanche et qui appellent maintenant à voter Fillon". Linda Uzan, elle, essaie de se consoler : "On n'est peut-être pas nombreux, mais ce n'est pas pour ça qu'on a tort".