Le RIP représente "un risque d'affaiblissement de la démocratie représentative", s'inquiète Gérard Larcher

Le président Les Républicains du Sénat était l'invité de France Inter, vendredi

"Il y a un risque de paralysie de la démocratie représentative et de l'exécutif", a réagi vendredi 10 mai sur France Inter le président du Sénat, Gérard Larcher, au sujet du référendum d'initiative partagée (RIP). Le Conseil constitutionnel a donné jeudi son feu vert à une proposition de RIP de parlementaires opposés à la privatisation d'Aéroport de Paris, ouvrant la voie à la poursuite d'un long processus, inédit, pouvant conduire à la consultation de la population.

"C'est naturellement une forme de troisième tour au-delà de la démocratie représentative et un risque d'affaiblissement de cette démocratie représentative, estime Gérard Larcher. La révision constitutionnelle sera l'occasion de faire le point sur l'équilibre indispensable entre une démocratie représentative, à laquelle je crois profondément, et cette part de démocratie participative qui correspond au processus référendaire mais qui doit être utilisée dans un cadre précis."

Gérard Larcher a estimé que le RIP, introduit dans la Constitution en 2008 à l'initiative de Nicolas Sarkozy, doit être "ajusté". "Ce sera le sens du débat que nous aurons dans quelques mois, précise-t-il. C'est suffisamment important pour que l'on s'y penche avec sérénité en dépassant les postures partisanes."

Gérard Larcher, le 10 mai 2019 sur France Inter.
Gérard Larcher, le 10 mai 2019 sur France Inter. (France Inter)