Législatives: les candidatures sont déposées

C'est clos ! Les milliers de candidatures pour les législatives avaient été déposées vendredi 17 mai à 18 heures, sur fond d'absence d'accord à gauche entre PS et Front de gauche.

Bureau de vote pour les législatives de 2002
Bureau de vote pour les législatives de 2002 (PASCAL GEORGE / AFP)

C'est clos ! Les milliers de candidatures pour les législatives avaient été déposées vendredi 17 mai à 18 heures, sur fond d'absence d'accord à gauche entre PS et Front de gauche.

La bataille pour les élections législatives des 10 et 17 juin, pour laquelle la gauche partira finalement en ordre dispersé dans pratiquement toutes les circonscriptions, est entrée dans une nouvelle phase vendredi soir, toutes les candidatures ayant été déposées.

Depuis vendredi 18 heures, heure-limite pour ce dépôt, les préfectures disposent des noms des plusieurs milliers de prétendants aux 577 sièges de députés à pourvoir.

Ils étaient plus de 7.600 en 2007 - soit 13 candidats en moyenne par circonscription-, 8.500 en 2002. La campagne officielle commence lundi.

Pas d'accord PS-Front de Gauche

A la mi-journée, malgré d'intenses négociations, les partis de gauche (PS, EELV, PCF et PG) ont échoué définitivement à trouver un accord sur des candidatures uniques dans les quelques dizaines de circonscriptions où existe un risque d'élimination de la gauche à l'issue du premier tour à cause du Front national.

PS et Front de gauche se sont mutuellement accusés d'être responsables de cet échec. Martine Aubry a "regretté" l'absence d'accord, le PCF y a vu "un très mauvais signe pour le rassemblement nécessaire à gauche". Jean-Michel Baylet (PRG) a dénoncé "l'attitude hégémonique" du PS.

La première secrétaire du PS, qui a passé deux heures vendredi à l'Hôtel Matignon avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a déclaré à sa sortie qu'elle mènerait "à ses côtés, pour les socialistes, les législatives", précisant qu'ils allaient "faire des meetings communs".

Outre M. Ayrault, député-maire sortant de Nantes, 25 membres du gouvernement sont candidats aux législatives, et ils ne pourront conserver leur poste que s'ils sont élus, a affirmé le Premier ministre.

Des combats difficiles pour plusieurs ministres

Certains sont promis à des combats difficiles dans leur circonscription au vu du score qu'y a réalisé François Hollande au second tour de la présidentielle : entre autres, Marie-Arlette Carlotti face au député UMP sortant Renaud Muselier dans les Bouches-du-Rhône, Sylvia Pinel, dans le Tarn-et-Garonne, Pierre Moscovici dans le Doubs, Aurélie Filippetti (Moselle), Stéphane Le Foll dans l'ancienne circonscription de François Fillon (Sarthe).

Dans l'opposition, la tâche s'annonce ardue aussi pour Jean-François Copé à Meaux (Seine-et-Marne), Xavier Bertrand dans l'Aisne, Laurent Wauquiez en Haute-Loire, au vu des résultats de l'élection présidentielle.

L'une des batailles les plus médiatisées opposera le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon à la présidente du FN Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où le PS espère conserver son siège.

Dissidents à droite et à gauche

Comme à chaque fois, ces législatives comptent leur lot de dissidents. Le PS y est confronté, notamment en Haute-Garonne et à Liévin (Pas-de-Calais) où le député-maire Jean-Pierre Kucheida, visé par des accusations de malversations, a déposé vendredi sa candidature face au candidat investi par le PS.

A l'UMP, Claude Guéant (Hauts-de-Seine) et Henri Guaino (Yvelines) sont aussi confrontés à des dissidences, qu'on rencontre ailleurs, notamment en Isère.

Un candidat UMP contre Dupont-Aignan

Vendredi, l'UMP a finalement décidé de ne présenter personne à Neuilly (Hauts-de-Seine) contre Jean-Christophe Fromantin, le maire divers droite de la ville, ex-fief électoral de Nicolas Sarkozy.

En revanche, le parti opposera dans l'Essonne un adversaire à l'ex-candidat souverainiste à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui présente 320 candidats dans toute la France.

Les Français donnent généralement une majorité au président tout juste élu

Depuis que les élections législatives se tiennent dans la foulée de la présidentielle (2002), les Français ont toujours confirmé leur premier vote en donnant au président élu une majorité pour appliquer sa politique, au nom de la "cohérence".

"Nous avons besoin d'une majorité large, stable, cohérente et solidaire (...) parce que la situation du pays l'exige", a déclaré vendredi sur France Inter M. Ayrault.

L'UMP devra faire face à la concurrence du Front national de Marine Le Pen (17,9% à la présidentielle), qui présente des candidats partout sous l'appellation "Rassemblement bleu marine".