Législative dans le Doubs : l’UMP divisée sur une consigne de vote

Le second tour de l’élection législative partielle organisée dans le Doubs pour trouver un successeur à Pierre Moscovici opposera dimanche prochain la candidate FN Sophie Montel (32%, 1er tour) au candidat socialiste Frédéric Barbier (29%). Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, "demande officiellement" à l'UMP de soutenir le PS face au FN. Mais, à l’UMP, les avis sont divisés.

(Législative dans le Doubs : le FN, arrivé en tête au 1er tour, sera opposé au PS au second tour dimanche prochain © Maxppp)

L'UMP appellera-t-elle à un front républicain pour faire barrage au Front National dimanche prochain dans la 4e circonscription du Doubs ? Le bureau politique de l’UMP doit répondre officiellement  à cette question demain mardi. en indiquant  la consigne de vote.  Mais, déjà, le parti montre des divisions sur le sujet.

 

Ils sont pour

Nathalie Kosciusko-Morizet, prône de faire barrage au FN.  "Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP ", a expliqué NKM sur RMC et BFMTV. "En revanche, je défendrai celle que j'ai toujours défendue, à savoir que si j'étais personnellement confrontée à ce choix, et avec regret, sans gaîté de cœur, je choisirais de voter pour le candidat qui est opposé au candidat du Front National ", "en l'espèce " celui du PS, a  déclaré la numéro deux de l’UMP, proche de Nicolas Sarkozy.

 

L'ancien ministre UMP Dominique Bussereau appelle lui aussi  à voter pour le candidat PS au second tour. "Fondateur de l'UMP, rassemblement de la droite et du centre, en cas de duel Parti Socialiste FN, je vote PS pour battre le FN", a tweeté le député de Charente-Maritime, qui a posté un autre message: "Le FN défend les idées d'extrême gauche anti-libérales et anti-européennes. Nous devons le combattre".

Ils sont contre

Mais cette position n’est pas celle partagée par la plupart des ténors de l’UMP. Invité de France info ce matin, Bruno Le Maire, estime que cette élection doit servir d’électrochoc à l’UMP mais refuse l’idée d’un front républicain au second tour. "Je dis non au front républicain ", a expliqué le député UMP de l’Eure et ancien candidat à la présidence de l'UMP, "parce que c'est un peu une solution de facilité, c'est une manière de se défausser, de ne pas chercher ses responsabilités ", estime-t-il. Bruno Le Maire qui observe aussi que "le front républicain est une façon de dire à tous les électeurs qui ont voté pour le Front national : 'Vous ne faites pas partie de la République’ ", alors que "le rôle de l'UMP est de rassembler " autour d'une "certaine idée de la République ", explique-t-il. 

Conviction partagée par l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, pour qui le front républicain est "une folie ", un "double mépris " vis-à-vis des électeurs UMP qui "n'appartiennent à personne " et de ceux qui "ont voté FN " à qui "on ne peut pas dire ‘nous ferons tout pour que votre vote n'ait aucune conséquence ’", a-t-il déclaré sur France Inter ce matin.

 

Ni pour, ni contre

La position est moins tranchée pur Luc Chatel. Sur iTÉLÉ, l’ex ministre UMP de l’Education perçoit ce premier tour comme "une sanction pour le gouvernement " et un "message d'alerte " pour l'UMP, mais reconnaît une complexité à se positionner pour le second tour. "C'est un peu compliqué, les électeurs vont avoir le choix entre le Front national et le parti qui fait monter le Front national ", a-t-il souligné. "Le Front national n'est pas une voie, mais le front républicain n'en est pas une autre ", estime-t-il.  

Le secrétaire général de l'UMP, Laurent Wauquiez, a pour sa part annoncé qu'à titre personnel, il voterait "blanc", mais il refuse d'appeler à voter pour le candidat PS face au FN. "Mes idées ne sont pas celles du Parti socialiste donc je n'appelle pas à voter socialiste (...) Je ne partage pas les idées du Front national donc je ne vote pas pour le FN (...) Je voterais blanc si je devais voter ", a-t-il indiqué à l'AFP.

 

Le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, devrait faire connaitre sa position mardi.

 

Le centre et l'extrême gauche appellent au barrage

Au centre, l'UDI et son président Jean-Christophe Lagarde ont appelé dès dimanche à faire barrage à l'extrême droite. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a lui aussi appelé lundi à "faire barrage " au Front National. Face au "risque réel " d'élection de la candidate FN, "il faut faire barrage au FN, éviter l'élection de la candidate FN ". "Je ne ferai jamais d'amalgame entre un candidat socialiste, quand bien même je conteste l'orientation  gouvernementale, et un candidat du Front National ", a-t-il déclaré sur Sud Radio. 

(© Ide)