Le retour à tâtons de Valérie Trierweiler

FRANCE - Un mois après son tweet missile contre Ségolène Royal, la compagne de François Hollande s'apprête à assister aux festivités du 14-Juillet. Un retour en plusieurs étapes.

Valérie Trierweiler lors du défilé du 14-Juillet 2012, sur les Champs-Elysées à Paris.
Valérie Trierweiler lors du défilé du 14-Juillet 2012, sur les Champs-Elysées à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

L'affaire du tweet de Valérie Trierweiler a fait une victime : son auteure elle-même. Depuis le 12 juin et ses 140 signes de soutien à Olivier Falorni (et assassins pour Ségolène Royal), la compagne du chef de l'Etat s'est fait discrète. Très discrète. Après un mois de silence, la Première dame fait son grand retour en apparaissant en tribune officielle, au côté de François Hollande, lors des festivités du 14-Juillet. Mais pour faire oublier le scandale politico-médiatique des législatives, Valérie Trierweiler a multiplié les étapes. 

• Etape n°1 : le silence radio

Un mois que son compte Twitter est en berne. @Valtrier, qui s'était jusque-là illustrée comme une serial-twitteuse - on se souvient de ses réactions courroucées à l'égard de ses "collègues journalistes" ou de son journal Paris Match -, a disparu des écrans et laisse en tête de sa page LE tweet de la discorde :  

"Trierweiler a prouvé qu'elle est une femme au caractère indépendant, mais aussi qu'elle est jalouse, peu sûre d'elle, qu'elle ne respecte pas le président", note dans un article peu amène le quotidien italien Corriere della Sera, repris par le site Arrêt sur images. Pour le journal, qu'importe qu'elle "soit présente ou absente, Trierweiler est maintenant une affaire d'Etat".

L'écho provoqué par l'interview de Thomas Hollande au Point mercredi 11 juillet, ne fait que le prouver. Il juge qu'elle a "détruit l'image normale" du Président avec son tweet. Toute la presse reprend. La plaie semble encore béante.

Pourtant depuis le "premier drame de France", Valérie Trierweiler semble avoir pris le parti du silence et de la discrétion. Etats-Unis, Mexique, Rome ou Bruxelles : lors des récents déplacements de son compagnon, elle n'était jamais du voyage. Rebelote, mardi 10 juillet, à Londres. The Times (lien payant et en anglais) n'a pas manqué de noter l'absence de "la compagne séduisante mais sujette aux gaffes" de François Hollande. Le couple n'étant pas marié, cela s'apparente surtout à une histoire de protocole, selon le site La Libre Belgique . Mais aussi à une sanction.

• Etape n°2 : la discrétion 

Un mois de silence, mais pas plus. Depuis un peu plus d'une semaine, Valérie Trierweiler refait quelques apparitions en public. Sa présence aux côtés de la famille socialiste pour les obsèques du député Olivier Ferrand a ainsi été très remarquée. La Première dame s'est aussi (un peu) montrée lors de la visite de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi à Paris. Mais elle s'est forcée à rester en retrait de son compagnon. 

Valérie Trierweiler (au second plan) attend François Hollande et Jean-Marc Ayrault, lors de la visite d\'Aung San Suu Kyi à Paris, le 26 juin 2012. 
Valérie Trierweiler (au second plan) attend François Hollande et Jean-Marc Ayrault, lors de la visite d'Aung San Suu Kyi à Paris, le 26 juin 2012.  (CHESNOT / SIPA)

Aussi discrète soit-elle, Valérie Trierweiler ne reste pas inactive. Jeudi 5 juillet, les propriétaires d'un bistrot de Calais (Pas-de-Calais) ont eu la surprise de la voir arriver dans leur commerce, sans journalistes autour d'elle, rapporte Le Lab d'Europe 1.

Elle effectuait en fait une visite dans un centre pour enfants handicapés. Sa présence a fait la une du quotidien régional Nord Littoral (accès payant), qui explique que la venue de Valérie Trierweiler a été annoncée à la dernière minute au personnel du centre et qu'elle avait apporté "son propre plateau-repas".

• Etape n°3 : le baptême du 14-Juillet

Valérie Trierweiler se remet donc doucement en selle. Un échauffement avant son grand retour dans la lumière, prévu pour les festivités du 14-Juillet. Selon Europe 1, la Première dame devrait en effet être présente aux côtés du chef de l'Etat, en tribune officielle, pour assister au traditionnel défilé sur les Champs-Elysées. Flashs en cascade attendus…

Dès le lendemain, François Hollande et sa compagne se rendront à Avignon (Vaucluse) pour aller "admirer les chefs-d'œuvre de la donation Lambert". Dans la soirée, le couple assistera à l'une des innombrables représentations du Festival d'Avignon. La radio précise le nom de la pièce : ce sera Six personnages en quête d'auteur, de Luigi Pirandello.

Revenue au premier plan, Valérie Trierweiler participera également à la visite à l'Elysée du président tunisien, Moncef Marzouki, prévue le 17 juillet. Son retour dans la sphère politico-médiatique se fera donc d'abord sous forme d'actes. 

• Etape n°4 : la rédemption par les mots

La Première dame envisagerait aussi de s'expliquer sur son tweet dans "un long entretien" à la rentrée, croit savoir Europe 1. Mais le chef de l'Etat a brisé le silance avant elle, lors de l'interview du 14-Juillet prévue samedi à 13h15 sur France 2. Il clarifie au passage le rôle et le degré de présence de sa compagne à ses côtés.

France Télévisions

En attendant le mea culpa de l'intéressée, les lecteurs avides de ce feuilleton devront se contenter de la chronique hebdomadaire de la journaliste dans Paris Match. Des lignes souvent instructives et à double sens, la Première dame faisant dans le message subliminal. La preuve avec le titre de son avant-dernier texte, consacré à Rosalind Franklin, découvreuse de la structure de l'ADN, et daté du 5 juillet : "Une femme qui 'gène'." Suivez mon regard…