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Le président du Mouvement démocrate effectue un tour de France pour soutenir les candidats du Modem aux régionales

Les sondages ne sont pas bons pour le MoDem crédité de 4% d'intentions de vote soit la moitié de son score aux Européennes.Mais François Bayrou n'est pas homme à se décourager. Il continue de sillonner la France en défendant sa stratégie d'autonomie. Après le Mont Saint-Michel mardi, direction la banlieue parisienne mercredi pour parler Education.
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François Bayrou fait campagne dans les régions sans se soucier des sondages.

Les sondages ne sont pas bons pour le MoDem crédité de 4% d'intentions de vote soit la moitié de son score aux Européennes.

Mais François Bayrou n'est pas homme à se décourager. Il continue de sillonner la France en défendant sa stratégie d'autonomie. Après le Mont Saint-Michel mardi, direction la banlieue parisienne mercredi pour parler Education.

Son credo, la région doit réellement aider les gens dans leur vie quotidienne et se doter de compétences nouvelles en matière d'emploi, de culture, d'orientation des jeunes et de santé. "On a besoin de proximité, le pouvoir est souvent trop lointain", dit-il.

Une stratégie largement inspirée de la réalité des urnes. Les régionales sont une élection délicate pour une jeune formation. "L'étiquette MoDem n'a pas encore une identification forte auprès des Français", reconnait-il le leader centriste. Alors, autant miser sur l'avenir, assumer sa différence dans une stratégie d'autonomie et promouvoir une nouvelle génération d'élus, à l'image d'Alain Dolium, jeune entrepreneur d'origine antillaise bombardé chef de file MoDem en Ile-de-France.

Sur le terrain et loin des sondages
"Nous ne participons pas à la guerre des sondages. Cela n'a aucune importance" répond le leader centriste interrogé sur les récentes études. "Les réponses dépendent de la manière dont les questions sont posées". "Nous étions à 9% il y a quinze jours, la seule chose à faire, c'est de mener campagne au plus près des gens", assure François Bayrou.

D'autant qu'il peut se prévaloir d'une certaine cote de popularité. Au dernier baromètre Viavoice du 7 février, il est crédité de 41% d'opinion favorables et 10 à 12% des Français se disent prêt à voter pour lui à la prochaine présidentielle, selon un sondage CSA du 4 février.

Alors depuis quinze jours, François Bayrou arpente les régions pour apporter son soutien aux quelque 1.500 candidats des listes MoDem. Mardi, lors d'une visite au Mont Saint-Michel, il a présenté le volet culturel du programme démocrate et plaidé pour que les régions soient au centre de la mise en oeuvre des politiques culturelles.

"Les régions devraient être plus impliquées dans la coordination des politiques culturelle des départements et des villes", a-t-il estimé. "Elles devraient notamment bénéficier de compétences pour la protection des bâtiments historiques en liaison avec l'Etat, et le développement de leur fréquentation. Elles devraient également intervenir dans le domaine de la création, pour le spectacle vivant, les arts plastiques ou la musique".

Le président du MoDem a également appelé de ses voeux la création dans ce cadre d'une "université populaire". "On a des lycées qui sont fermés le soir et pendant les vacances. Pourquoi est-ce-qu'on n'utilise pas ces équipements pour offrir de vraies formations aux Français, pour la musique, l'histoire, les langues étrangères. Ce serait un endroit où l'on pourrait aller frapper pour découvrir un domaine de la connaissance", a-t-il expliqué.

Un discours repris à la volée par la tête de liste MoDem de Basse-Normandie, Rodolphe Thomas: "Nous sommes candidats pour relever un défi, proposer une alternative politique à l'échelle régionale avec un programme de proximité", a dit le maire d'Hérouville-Saint-Clair, qui présentera sa liste samedi.

"Notre objectif au premier tour, c'est de faire entre 10 et 15% voire au-delà. On a la capacité de fédérer les électeurs. Nous devons et nous allons créer la surprise", a-t-il assuré. Interrogé sur ses intentions pour le deuxième tour, Rodolphe Thomas a déclaré s'être fixé pour but de se maintenir, "de ne pas être la cinquième roue du carrosse du Parti socialiste ou de l'UMP".

Grincements dents dans plusieurs régions

La stratégie de François Bayrou a suscité des remous lors de la constitution des listes entre les partisans de l'autonomie et ceux favorables à une alliance avec le PS, Europe Ecologie, ou même avec la droite.

En Poitou-Charentes, des militants ont rejoint la liste PS de Ségolène Royal et en Ile-de-France, Nicolas About, patron des sénateurs centristes, a rejoint l'UMP Valérie Pécresse.

La région Rhône-Alpes, où certains élus prônaient une alliance avec le PS, a également connu des tensions. La numéro deux Fabienne Faure a pensé se retirer mais s'est ravisée. Le chef de file, Azouz Begag, contesté par certains, a porté plainte pour de fausses informations reprises dans la presse visant à le discréditer.

En Languedoc-Roussillon cependant, une fusion de la liste MoDem avec celle de l'Alliance écologiste indépendante (AEI) conduite par l'ex-journaliste météo Patrice Drevet est à l'étude.

Au soir du premier tour "nous examinerons cela région par région", dit M. Bayrou, en excluant toute alliance avec "le pouvoir actuel". "Il y aura le choix entre rester indépendant et faire naître des majorités nouvelles".

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