Le Conseil d'État suspend la dissolution d'un groupe d'ultragauche lyonnais

Le Groupe antifasciste Lyon et environs avait été dissous en mars dernier. Le Conseil d'État est revenu sur sa décision, rapporte lundi France Inter.

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Manifestation de militants antifascistes contre la procédure de dissolution du Gale (Groupe antifasciste Lyon et environs), à Lyon, le 26 mars 2022.  (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

Le Conseil d'État suspend la dissolution du Groupe antifasciste Lyon et environs, dit "la Gale", décidée par le gouvernement en mars dernier, a appris France Inter lundi 16 mai auprès de l'avocat du groupe d'ultragauche et du Conseil d'État.

Les juges des référés "estiment que les éléments avancés par le ministre de l'Intérieur ne permettent pas de démontrer que la Gale a incité à commettre des actions violentes et troublé gravement l'ordre public", précise le Conseil d'État dans un communiqué.

Selon eux, si le groupe a bien relayé des appels à participer à des manifestations qui ont gravement troublé l'ordre public, il n'était pas à l'origine de ces appels en premier lieu. De même, les juges estiment que, si le groupe partage avec une "complaisance contestable" des informations sur les violences contre les forces de l'ordre, il n'a pas non plus appelé à en commettre.

Beauvau avait décidé de dissoudre le mouvement par un décret, à la fin du mois de mars. Dans un rapport de 30 pages, le ministère de l'Intérieur avait expliqué reprocher à cette organisation d'avoir provoqué à la haine anti-policier, d'avoir appelé à des rassemblements ayant engendré de nombreux débordements et notamment d'avoir conduit des expéditions punitives contre des militants d'extrême droite. Des couteaux et marteaux avaient été retrouvés dans les affaires d'une personne assimilée à ce groupe.

"Différence de traitement"

Début mai, l'avocat de la Gale, Me Olivier Forray, a déposé un référé liberté auprès du Conseil d'État. Il assurait à France Inter qu'"on ne [savait] toujours pas si cette personne-là [avait] un lien quelconque avec le Gale", rappelant que ce groupe n'avait pas "l'exclusivité du combat contre l'extrême droite".

Il estimait "notoirement insuffisants" les éléments du ministère de l'Intérieur contre la Gale et dénonçait la "différence de traitement", par la police, des militants d'extrême gauche et des militants d'extrême droite, affirmant que celle-ci pouvait s'expliquer par une "très grande promiscuité" de l'extrême droite avec les services de police.

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