Nord : six députés LREM annoncent, dans une lettre envoyée au secrétaire général du parti, qu'ils quittent leur comité politique

Ils dénoncent de la rétention d'information, des intimidations et du sexisme au sein du comité local d'En Marche.

Des élus dénoncent du sexisme et des violences politiques au sein du mouvement.
Des élus dénoncent du sexisme et des violences politiques au sein du mouvement. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Six députés LREM du Nord ont écrit un courrier à Stanislas Guerini, délégué général du mouvement, pour lui annoncer leur retrait du comité politique d'En Marche dans le département, rapporte France Bleu Nord samedi 15 juin, confirmant une information du Parisien. Il s'agit de Charlotte Lecoq, Valérie Petit, Anne-Laure Cattelot, Jennifer de Temmerman, Catherine Cosson et Dimitri Houbron.

"Un signal fort" envoyé au parti

Ils dénoncent dans cette lettre des dysfonctionnements au sein de cette instance, notamment de la rétention d'information, des intimidations et du sexisme. Le courrier a été envoyé mercredi 12 juin au délégué général du parti, Stanislas Guerini.

"C'est un retrait temporaire, mais c'est un signal fort", alerte Catherine Osson, l'une des signataires. Un autre explique que les dysfonctionnements ont commencé depuis le début de leur mandature entre les élus et le reste du mouvement du département.

Accumulation de petites frustrations

Durant les élections européennes, les petites frustrations se sont accumulées. Des dates de réunion communiquées tardivement aux députés, "qui nous savonnent la planche", confie une élue, ou encore un communiqué de presse diffusé à Roubaix, réalisé par un "marcheur dissident" qui n'est pas désavoué par le comité. "C'est de la cuisine interne", soupire Anne-Laure Cattelot, mais ces petits gestes font déborder le vase.

"Violence politique" et "sexisme"

"Il y a de la violence politique à l'intérieur de ce mouvement", assène Catherine Osson, également signataire. "Je suis engagée pour me battre contre le Rassemblement national, pas pour me battre contre mon camp." Elle dénonce des agressions sexistes : "on ne peut pas déclarer l'égalité femme-homme 'grande cause du quinquennat' et laisser faire ces discours par derrière. Parce qu'on est femme, on est attaquée avec plus de virulence." Dans la lettre, les signataires évoquent également des intimidations vis-à-vis des militants.

Tous ont en ligne de mire les élections municipales de 2020. Si les choses ne changent pas, "les municipales vont être un enfer", explique l'un des six parlementaires en colère. Ils demandent une réunion avec le délégué général du parti Stanislas Guerini, le comité politique nordiste et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin pour résoudre ces dysfonctionnements.