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La quasi-totalité des 24 ministres-candidats est en position plutôt favorable aux législatives

Sur les 34 ministres du gouvernement Ayrault, les 24 qui sont en lice aux législatives des 10 et 17 juin sont en position plutôt favorable. Cependant, la situation est plus tendue pour six d'entre eux et vraiment compliquée pour deux autres.
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Sur les 34 membres du gouvernement Ayrault, 24 se présentent aux législatives. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Sur les 34 ministres du gouvernement Ayrault, les 24 qui sont en lice aux législatives des 10 et 17 juin sont en position plutôt favorable. Cependant, la situation est plus tendue pour six d'entre eux et vraiment compliquée pour deux autres.

Jean-Marc Ayrault a été très clair : "Tout ministre qui se présente aux élections législatives et qui ne sera pas élu ne pourra pas rester au gouvernement". Le Premier ministre s'exprimait ainsi le 16 mai au cours du JT de France 2.

Le chef du gouvernement sera lui-même candidat dans la 3e circonscription de Loire-Atlantique dont il est le député sortant, réélu pour un sixième mandat consécutif en 2007. Dans cette circonscription, où 11 candidats s'affronteront le 10 juin, dont Annick Le Ridant (UMP), François Hollande avait obtenu 65,22% des suffrages exprimés, le 6 mai, au second tour de la présidentielle.

Ce score majoritaire pour M. Hollande est, du reste, une caractéristique de toutes les circonscriptions où se présentent les ministres en exercice. Il va du très serré au quasi-soviétique offrant des situations plus ou moins compliquées pour les intéressés. Tour d'horizon des différents cas de figure.

Deux ministres qui doivent se battre

Marie-Arlette Carlotti - Dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, où 17 candidats se présentent, la ministre déléguée en charge des personnes handicapées semble être celle qui aura la tâche la plus dure. Mme Carlotti affronte en effet le député sortant Renaud Muselier (UMP).

De plus, dans cette circonscription, si M. Hollande est arrivé en tête au second tour de l'élection présidentielle, ce n'est qu'avec une très faible avance (50,22%).

Sylvia PinelLa ministre en charge de l'artisanat et du commerce n'aura pas la partie facile non plus dans la 2e circonscription du Tarn-et-Garonne où M. Hollande est loin d'avoir explosé les scores avec 50,86% des voix le 6 mai. L'élue radicale de gauche, à l'Assemblée nationale depuis 2007, affrontera 11 candidats dont Philippe de Vergnette (UMP).

Parmi eux, il y aura aussi Jacques Briat, qu'elle avait battu de justesse il y a cinq ans et qui a décidé de maintenir sa candidature face à l'UMP.

Cinq ministres en difficulté, mais qui ont leur chance

Pierre Moscovici Le ministre de l'économie et des finances se présente dans la 4e circonscription du Doubs, dont il est député depuis 2007. Une circonscription dans laquelle M. Hollande a obtenu le modeste score de 51,27% au second tour de la présidentielle. 12 candidats s'y affrontent.

Parmi eux, Charles Demouge (UMP) qui pourrait pâtir du score élevé de Marine Le Pen (FN) au premier tour de la présidentielle (26,6%).

Marisol TouraineLa ministre des affaires sociales et de la santé se présente à nouveau dans la 3e circonscription de l'Indre-et-Loire où elle est avait été élue avec une très courte avance (251 voix) en 2007 sur Jean-Jacques Descamps (UMP). Mme Touraine affronte cette fois 13 candidats dont Jacques Barbier, investi par l'UMP.

Le score obtenu par M. Hollande le 6 mai (51,8%) peut tout de même lui laisser un espoir.

Jérôme CahuzacLe ministre délégué au budget est le député sortant de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne où 10 candidats sont en lice.

Dans cette zone, M. Hollande n'a pas obtenu un score mirobolant le 6mai (51,82%), mais le score élevé de Mme Le Pen au premier tour de la présidentielle pourrait handicaper Jean-Louis Costes (UMP) qui fait face à M. Cahuzac, par ailleurs maire de Villeneuve-sur-Lot.

Aurélie FilippettiLa ministre de la culture brigue la 1ère circonscription de Moselle, à Metz, aux côtés de 13 candidats. M. Hollande y a obtenu 52,27% des voix le 6 mai.

Mme Filippetti avait été élue dans le nord du département en 2007 mais sa circonscription a depuis été supprimée à la faveur d'un redécoupage.

Face à elle dans la 1ère circonscription, qui n'a plus de représentant depuis que l'ancien député François Grosdidier (UMP) s'est fait élire sénateur en septembre 2011, Julien Freyburger, l'ancien attaché parlementaire de ce dernier.

Stéphane Le FollLe ministre de l'agriculture joue son poste dans l'ancienne circonscription de François Fillon, la 4e de la Sarthe. Face à lui, 8 candidats, dont Marc Joulaud (UMP), maire de Sablé-sur-Sarthe et ex-suppléant de M. Fillon qui remplace l'ancien Premier ministre à l'Assemblée nationale depuis 2002.

Dans cette circonscription historiquement à droite, M. Le Foll pourra tenter de faire valoir les 52,63% obtenu par M. Hollande au second tour de la présidentielle.

Dix ministres en situation favorable

Geneviève Fioraso - Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, elle est députée sortante de la 1er circonscription de l'Isère où 15 candidats sont en compétition. Son principal adversaire sera Jean-Claude Peyrin (UMP). Le 6 mai, M. Hollande a réalisé un score de 53,95% dans cette circonscription.

Alain Vidalies - Chargé, auprès du Premier ministre, des relations avec le Parlement, il est député sortant de la 1er circonscription des Landes. Il aura face à lui 10 candidats dont Alain Dudon (UMP). Au second tour de la présidentielle, le candidat socialiste avait obtenu 55,36% des voix dans cette circonscription.

Valérie Fourneyron - Ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative, Mme Fourneyron est maire de Rouen et députée sortante de la 1ere circonscription de Seine-Maritime. M. Hollande y a obtenu 56,24% des suffrages au second tour du scrutin présidentiel. La majorité sortante lui oppose Cyrille Grenot (Nouveau centre).

François Lamy - Ministre délégué chargé de la ville, maire de Palaiseau et député sortant de la 6e circonscription de l'Essone, il y sera l'un des 10 candidats en lice. Parmi eux, il affrontera notamment Grégoire de Lasteyrie, un nouvel adversaire UMP. Dans cette circonscription, M. Hollande avait fait 56,82% au second tour de la présidentielle.

M. Lamy est le cousin des actrices Alexandra et Audrey Lamy.

Benoît Hamon - Dans ce groupe, c'est probablement pour le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire que le challenge sera le plus difficile à relever. En effet, M. Hollande avait obtenu 57,08% des voix le 6 mai mais le sortant, Jean-Michel Fourgous (UMP), est député depuis 1993 avec une seule interruption entre 1997 et 2002.

Il y aura 11 candidats dans cette 11e circonscription des Yvelines.

Frédéric Cuvilier - Ministre délégué chargé des transports et de l'économie maritime, maire de Boulogne-sur-mer et député sortant de la 5e circonscription du Pas-de-Calais, il sera opposé à 7 autres candidat dont Laurent Feutry (Nouveau centre) qui représentera la majorité sortante;

Au second tour de la présidentielle, M. Hollande avait réalisé un score de 57,47% dans cette circonscription.

Bernard Cazeneuve - Ministre délégué en charge des affaires européennes, maire de Cherbourg-Octeville et député sortant de la 5e circonscription de la Manche, M. Cazeneuve se présente dans la 4e car ce département a perdu une circonscription. Il aura 8 candidats face à lui dont David Margueritte (UMP).

M. Hollande avait fait 58,14% au tour ultime de la présidentielle dans cette circonscription.

Kader Arif - Ministre délégué chargé des anciens combattants et député européen, il n'est pas dans une situation très aisée dans la 10e circonscription de Haute-Garonne où M. Hollande avait obtenu 58,64% des voix le 6 mai. En effet, M. Arif aura notamment face à lui 2 candidats dissidents qui ont été exclus du PS.

La majorité sortant sera représentée par Jean-Pierre Albouy (Nouveau centre) dans cette circonscription qui verra s'opposer 13 candidats.

Michèle Delaunay - "Tombeuse" d'Alain Juppé aux législatives de 2007, la ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance figure parmi les 12 candidats de cette 2e circonscription de la Gironde où M. Hollande a réuni 59,01% des suffrages exprimées le 6 mai.

L'ancien ministre des affaires étrangères a renoncé à se présenter laissant sa place à Nicolas Florian (UMP).

Delphine Batho - La ministre déléguée à la justice défend le siège de députée qu'elle a obtenu en 2007 dans la 2ème circonscription des Deux-Sèvres. En effet, Ségolène Royal, candidate malheureuse à l'élection présidentielle et présidente de la région Poitou-Charentes lui avait alors cédé sa place afin de respecter le principe de non-cumul des mandats qu'elle avait défendu pendant sa campagne.

Dans ce secteur où 11 candidats se présentent, dont Xavier Argenton (Nouveau centre), Mme Batho ne devrait pas rencontrer de trop grandes difficultés. M. Hollande y a obtenu un score de 59,33% le 6 mai.

Sept ministres à 60% des suffrages et plus

Marylise Lebranchu - La ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique peut aborder le scrutin législatif avec une relative sérénité à Morlaix, dans la 4ème circonscritption du Finistère où elle a enchaîné trois mandats consécutifs depuis 1997. L'ancienne ministre du gouvernement Jospin y affronte Agnès Le Brun (UMP) et 8 autres candidats.

Un combat qui s'annonce déséquilibré dans une circonscription où M. Hollande a obtenu 60,71% des voix. Tout comme dans les cinq autres circonscriptions du département détenues par la gauche où l'ex-candidat socialiste a à chaque fois flirté avec les 60% le 6 mai.

Manuel Valls - Le ministre de l'intérieur part très largement favori dans la 1ère circonscription de l'Essonne où M. Hollande a récolté 39,02% au premier tour de la présidentielle contre 19,11% pour l'UMP, et 63,7% le 6 mai. Député depuis sa victoire sur Serge Dassault (UMP) en 2002, M. Valls fait notamment face à Cristela de Oliveira (UMP) qui fait partie des 14 candidats en lice.

Son challenge pourrait être de faire un meilleur score encore qu'en 2007 où il avait déjà obtenu 41,3% au premier tour.

Laurent Fabius - Le ministre des affaires étrangères est candidat à sa réélection dans la 4e circonscription de Seine-Maritime où M. Hollande a obtenu le score confortable de 63,9% au second tour de la présidentielle. Les 6 candidats qui se présentent face à lui, comme Franck Meyer (NC), devraient avoir du mal à devancer M. Fabius dans son fief.

En effet, le n°2 du gouvernement Ayrault y est élu sans interruption depuis 34 ans.

Victorin Lurel - Pas d'obstacles majeurs en vue non plus pour le ministre des Outre-mer qui se représente dans la 4e circonscription de Guadeloupe. Marie-Luce Penchard (UMP), l'ex-ministre de l'outre-mer de Nicolas Sarkozy, fait partie des 7 candidats qui tenteront de déloger le député détenteur du mandat depuis 2002.

M. Lurel pourra aussi compter sur le score historique obtenu par le candidat PS le 6 mai : 67,86%.

Georges-Pau Langevin - La ministre déléguée à la réussite éducative est députée de Paris depuis 2007. Elle se présente dans la 15e circonscription de Paris (20e arrondissement) où les électeurs ont voté à plus de 70% pour M. Hollande (70,51%) au second tour.

Face à elle, 14 candidats dont Nathalie Fanfant (UMP).

Cécile Duflot - La ministre de l'égalité des territoires et du logement bénéficie de l'accord électoral PS-EELV. Elle hérite de la 6e circonscription de Paris, actuellement représentée par la socialiste Danièle Hoffmann-Rispal. M. Hollande y a triomphé avec 71,27% des suffrages.

Peu d'espoirs donc pour les 18 autres candidats dont Jack-Yves Bohbot (UMP).

A noter - Le ministre du travail Michel Sapin, pourtant attendu comme candidat dans la 1ère circonscription de l'Indre, se présente comme suppléant de Jean-Paul Chanteguet (PS) qui a de bonnes chances d'être élu, M. Hollande y ayant obtenu 55,71% des voix le 6 mai.

Reste que le suffrage universel est toujours susceptible d'offrir des surprises. Réponse le 17 juin.

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