La gauche maintient ses positions au 2e tour mais rate le grand chelem, l'Alsace restant à droite

En métropole, la gauche gagne la Corse mais la droite reste majoritaire en Alsace, alors que l'abstention (48,8%) a reculé de 4,8% points par rapport au premier tour. En outre-mer, la Réunion et la Guyane sont passées à droite.Avec 54,12% des voix au plan national, la gauche réalise un score historiquement haut.

(FTVI)

En métropole, la gauche gagne la Corse mais la droite reste majoritaire en Alsace, alors que l'abstention (48,8%) a reculé de 4,8% points par rapport au premier tour. En outre-mer, la Réunion et la Guyane sont passées à droite.

Avec 54,12% des voix au plan national, la gauche réalise un score historiquement haut.

Martine Aubry, a salué dimanche "une victoire sans précédent" des "listes de la gauche rassemblée" alors que la droite réalise un de ces plus mauvais scores historiques.

La gauche, qui avait déjà réussi en 2004 a gagner 20 régions métropolitaines sur 22, a amélioré son score en remportant cette fois 21 régions sur 22 en métropole, grâce à sa victoire en Corse.

Pour la première secrétaire du PS, "en votant mais aussi beaucoup en s'abstenant, les Français ont également exprimé leur rejet de la politique du président de la République et du gouvernement". "Ils ont sanctionné une politique injuste de cadeaux fiscaux pour les plus privilégiés au détriment de l'emploi et du pouvoir d'achat aux salariés et aux retraités", selon elle.

Dans plusieurs régions, la gauche progresse de cinq points (Poitou-Charentes, Rhône-Alpes) par rapport à 2004. Symbole de cette victoire de la gauche, la liste de gauche de Jean-Paul Huchon en Ile-de-France a devancé celle de Valérie Pécresse dans le département des Hauts-de-Seine, fief électoral de Nicolas Sarkozy, avec 51,06%.

Autre chiffre marquant, en Ariège (Midi-Pyrénées) la gauche obtient plus de 72% des voix.

Pour la première fois, la gauche a remporté les élections territoriales en Corse dimanche avec 36,70% des voix devant l'UMP (27,50%) et les deux listes nationalistes (25,90% et 9,90%). La Corse était la seule région où se disputait une quadrangulaire. Elle a affiché une meilleure participation avec 68,43%.

Le Front National s'est félicité de ses scores dans les douze régions où il pouvait se maintenir. Il enregistre 17,8% dans ces régions. Le parti d'extrême-droite a vu ses scores progresser dans plusieurs régions. Ainsi, Jean-Marie Le Pen a obtenu 22,87% en Paca des voix contre 20% au premier tour. "C'est l'effondrement du sarkozysme", a-t-il affirmé. Symbole des bons scores du Front National, la liste de Marine Le Pen devance celle de la ministre Valérie Létard dans le Pas-de-Calais (mais reste derrière elle dans l'ensemble de la région) avec 22,2%.

La socialiste Ségolène Royale, qui réalise le deuxième meilleur score du PS reste à la tête de cette région avec 60,61 % des sufrages . Elle bat largement le ministre Dominique Busserau (UMP) qui reste loin derrière elle, à 38,9%. Elle avait été élue en 2004 avec 55,1% des voix.

Forte de ce score, elle a été la première, à gauche, à s'exprimer devant les caméras pour marquer sa victoire, une façon de se relancer après une période d'effacement sur le plan national.

Conséquences politiques

Contrairement à dimanche dernier, les leaders de l'UMP n'ont pas minimisé l'ampleur de leur défaite. "C'est évidemment pour nous une réelle défaite" a reconnu le patron des députés UMP, Jean-François Copé. Un ton relativisé par le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui met d'avantage le ton sur l'abstention en affirmant "nous progressons visiblement". Quant au premier ministre, il a affirmé: "nous n'avons pas su convaincre".

Le débat politique pourrait s'accélérer lundi puisque Nicolas Sarkozy reçevait Fillon lundi à 09H00 pour "faire le point sur le message des Français". Dimanche en fin d'après-midi, le chef de l'Etat avait déjà réuni autour de lui à l'Elysée le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux et le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand. De son côté, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a confirmé un remaniement ministériel "technique" et a précisé que François Fillon ne présenterait pas sa démission.