La France n'atteindra pas les 21 milliards d'économies en 2015, selon Sapin

"On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", estime le ministre des Finances, Michel Sapin.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, le 28 août 2014 à Jouy-en-Josas (Yvelines).
Le ministre des Finances, Michel Sapin, le 28 août 2014 à Jouy-en-Josas (Yvelines). (ERIC PIERMONT / AFP)

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a estimé mardi 2 septembre que l'objectif de réaliser 21 milliards d'économies dans les dépenses publiques en 2015 risquait d'être revu à la baisse, dans un entretien avec l'AFP. "On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", a reconnu le ministre en réponse à une question sur le maintien d'un objectif de 21 milliards d'économies l'année prochaine.

Le taux d'inflation en France, proche de celui de la zone euro, était de 0,5% en juillet en glissement annuel et de 0,4% hors tabac. Soit bien loin du niveau jugé sain, estimé à un peu moins de 2% par la Banque centrale européenne. Cette faible inflation a un effet sur les recettes, mais aussi sur les dépenses. "L'année prochaine par exemple, là où sur une hypothèse d'inflation de 1,5%, on faisait au-delà d'un milliard d'économies, par le seul gel de prestations. Aujourd'hui ces économies sont remises en cause", explique le ministre.

"Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté"

Lorsque le gouvernement parle d'économies, il s'agit d'économies par rapport à l'évolution naturelle des dépenses qui gonflent mécaniquement d'année en année en raison de divers facteurs, comme les augmentations de salaires à l'ancienneté, mais aussi la prise en compte de l'inflation. Par conséquent, si l'inflation est faible, la différence entre prestation gelée et prestation non gelée l'est également.

Le ministre se garde néanmoins de prévoir de compenser avec de nouvelles mesures de restriction. "Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation", a-t-il dit. Il préfère se tourner vers les partenaires européens de la France pour que "des décisions soient prises".

"Jusqu'ici, l'habitude était de raisonner en fonction de la croissance. Les textes prévoient une flexibilité en cas de récession ou de croissance durablement très faible, mais là, on découvre un autre sujet qui finit par être aussi bouleversant pour les budgets que la faible croissance, c'est la faible inflation", a poursuivi Michel Sapin. Selon lui, "il faut que très rapidement ceci soit pris en compte et que des décisions soient prises".