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La classe politique réagit au choix de François Bayrou qui votera pour François Hollande

Jeudi 3 mai, François Bayrou a annoncé qu'il voterait François Hollande dimanche 6 mai. A gauche, on salue cette "prise de responsabilité". A droite, on regrette cette décision et on parle "d'incohérence".
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François Bayrou ouvre la porte à François Hollande (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Jeudi 3 mai, François Bayrou a annoncé qu'il voterait François Hollande dimanche 6 mai. A gauche, on salue cette "prise de responsabilité". A droite, on regrette cette décision et on parle "d'incohérence".

Aussitôt sa déclaration terminée, François Bayrou s'eclipse par une porte dérobée pour ne pas avoir à passer parmi les journalistes et devoir répondre à leurs questions.

Réactions dans son camp

Il laisse le soin à ses lieutenants de commenter sa décision dans la cour intérieure du QG du MoDem, rue de l'Université à Paris.

"Vu la campagne de Nicoals Sarkozy au second tour, nous n'avions pas le choix de la neutralité", explique Yann Wehrling, porte-parole du MoDem et ancien patron des Verts.

"C'est une rupture historique avec vingt ans de centrisme", s'exclame en souraint une déléguée MoDem de Marseille. A côté, d'autres mines sont plus graves et plus perplexes. On devine un désaccord, mais il n'est pas exprimé publiquement dans cette cour .

"Les mots utilisés dans la déclaration permettent à tout le monde de vivre sa petite vie tranquillement au second tour", se félicite Robert Rochefort. Ce dernier balaye très vite les questions des journalistes qui demandent s'il y a un accord électoral déjà en négociation avec le PS. "Nous n'avons pas vocation à rejoindre une majorité gouvernementale de gauche", assure-t-il.

"Non, il n'y a pas eu de discussions préliminaires. Certains nous ont averti que la gauche ne nous ferait pas de cadeaux . On verra bien", commente philosophe M. Wehrling.

"Les législatives , on verra la semaine prochaine. Aujourd'hui, c'est un choix lourd et extrêmement fort", juge Bernard Lehideux.

Réactions à droite

A l'UMP, on prend acte de la décision de François Bayrou. "L'avis de M. Bayrou, c'est l'avis d'un homme seul qui s'exprime. Ce choix, c'est le sien, ça n'est pas le nôtre", a déclaré François Fillon.

De son côté, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a dit regretter "profondément la décision de François Bayrou", affirmant qu'il n'en comprenait "absolument pas les motivations".

"Je pense qu'elle est plus motivée par un dépit personnel que par des vraies raisons de fond", a ajouté M. Copé.

Mais les réactions les plus violentes viennent du Nouveau centre dont les élus avaient participé à la campagne de 2007 de M. Bayrou avant de le quitter pendant l'entre-deux-tours.

"Il va jusqu'au bout de ce qu'il a entrepris en 2007 et qu'il n'avait pas osé faire entre les deux tours de 2007", juge Hervé Morin.

"S'il avait dit aux Français, je vote Nicolas Sarkozy, c'était dire, je me suis trompé en 2007. Au fond de lui-même, il y avait la nécessité de démontrer : je ne me trompe jamais", ajoute plus perfide le président du Nouveau centre.

"M. Bayrou fait le choix de l'incohérence", écrivent dans un communiqué les ministres centristes François Sauvadet et Maurice Leroy.

Réactions à gauche

François Hollande a salué la décision de l'ancien candidat à la présidentielle.

"Je pense qu'il a pris consicence que le candidat sortant divisait et que je rassemblais, qu'il y avait un risque pour le pays, s'il devait être reconduit cinq ans de plus", a expliqué le candidat PS à l'Elysée, au micro de RMC.

"Ca ne veut pas dire qu'il rejoint ma candidature. Je respecte son indépendance, sa liberté. Et je ne prends pas ce vote comme un ralliement en aucune façon. C'est au contraire un vote d'indépendance et n'en tirez pas les leçons qui pourraient être faciles, a-t-il ajouté.

"Il n'y a eu aucune discussion entre nous, aucune négociation", a-t-il assuré. "C'est un choix d'homme libre indépendant, qui s'exprime en tant que responsable politique sans engager sa propre formation. C'est un choix citoyen d'un homme qui considère que pour son pays il y a une solution à éviter", conclut M. Hollande.

Quant à Ségolène Royal, qui en 2007 avait tenté en vain d'obtenir le soutien de M. Bayrou, elle salue "cette prise de responsabilité".

"Je peux d'autant mieux mesurer l'importance de celle-çi que moi même je l'avais sollicitée en 2007. Je sais parfaitement qu'en unissant nos forces, on aurait gagné l'élection présidentielle, on n'aurait pas eu 5 ans de sarkozysme", affirme Mme Royal à l'AFP

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