La chef du PS a appelé à Dakar à "une nouvelle alliance de civilisation et de coopération" entre l'Europe et l'Afrique

Présente au Forum social mondial (FSM), Mme Aubry a indiqué mercredi que les Européens doivent "condamner la colonisation sans réserve".Elle a également rendu hommage aux "combattants de l'indépendance" sur le continent et aux Africains qui ont défendu la France pendant les deux guerres mondiales.

Martine Aubry à Dakar avec Ousmane Tanor Dieng le chef du parti socialiste sénégalais, à Dakar, le 9/02/11
Martine Aubry à Dakar avec Ousmane Tanor Dieng le chef du parti socialiste sénégalais, à Dakar, le 9/02/11 (AFP/Seyllou)

Présente au Forum social mondial (FSM), Mme Aubry a indiqué mercredi que les Européens doivent "condamner la colonisation sans réserve".

Elle a également rendu hommage aux "combattants de l'indépendance" sur le continent et aux Africains qui ont défendu la France pendant les deux guerres mondiales.

"L'Homme est né en Afrique", "le temps de l'Afrique est venu": c'est à une véritable ode au continent noir que s'est livrée la chef du PS, devant 300 personnes, trois ans et demi après le discours controversé du président Nicolas Sarkozy prononcé dans cette même ville.

Rappelant la communauté de destin entre l'Europe et l'Afrique, elle a affirmé que la "nouvelle alliance" suppose, pour les Européens, "de regarder en face leur histoire, et d'abord de reconnaître les crimes de l'esclavage et les drames de la colonisation".

"Nous devons tourner le dos aux pratiques post-coloniales, aux réseaux affairistes de la Françafrique, qui, parfois persistent encore", a également déclaré Mme Aubry, qui prononçait son discours sous une banderole affirmant: "un autre monde est possible".

Rendant hommage aux "combattants de l'indépendance" sur le continent et aux Africains qui ont défendu la France pendant les deux guerres mondiales, elle s'est exclamée: "ne sont-ils pas entrés dans l'histoire, par la porte immense de l'héroïsme, ces tirailleurs que chantait (Léopold Sedar) Senghor ?", le premier président et poète sénégalais.

Une réponse directe au discours du président Sarkozy dans lequel il avait affirmé que "l'homme africain n'est pas suffisamment entré dans l'histoire".

"Nous devons aussi nous éloigner d'une vision compassionnelle qui marque encore trop souvent le regard européen sur l'Afrique", a-t-elle insisté, en énumérant les atouts du continent noir: croissance, démographie, matières premières, jeunesse, "alors que l'Europe et l'Amérique du Nord sont englués dans une crise structurelle".

Aubry rend hommage aux combattants de la démocratie
Fustigeant "les ignorants" ou les "arrogants" qui pensent que "les peuples d'Afrique sont voués de manière irrémédiable au sous développement", elle a rendu hommage aux peuples tunisien et égyptien, et exhorté l'Europe à "être résolument aux côtés de tous ceux qui se battent pour la démocratie".

Mme Aubry a réclamé une représentation africaine permanente au Conseil de sécurité de l'Onu, et dans les instances internationales comme le G20.

Vive l'Afrique, vive le Sénégal, vive l'Europe, vive la France et en avant pour un nouveau monde", s'est exclamée en conclusion la responsable socialiste, qui venait de plaider pour un "partenariat moderne" entre les deux continents en matière de relations économiques et migratoires, et souhaité que l'Europe "cesse de se vivre comme une forteresse".

Mme Aubry, qui quitte le Sénégal jeudi, est restée cinq jours à Dakar, avec un double objectif: affirmer sa présence au Forum social mondial, et livrer sa "vision" de l'Afrique.