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L'État va devoir se serrer la ceinture ? Colères syndicales et politiques

Si enseignement et sécurité sont épargnées, diète d'office pour le reste de la fonction publique. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a adressé des lettres de cadrage budgétaire à tous les ministères hier. Des efforts inattendus provoquant colère et scepticisme chez les syndicats et l'opposition.
Article rédigé par Cécile Quéguiner
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
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François Hollande l'avait promis pendant sa campagne : il allait créer des emplois dans l'enseignement et la sécurité, sans augmenter le nombre de fonctionnaires en France. L'équation est simple, selon les lettres de cadrage adressées par Jean-Marc Ayrault aux ministères : pour compenser les 60.000 postes promis en 5 ans dans l'Éducation nationale et les 5.000 autres de policiers, gendarmes ou magistrats, les autres administrations vont devoir réduire leurs effectifs de 2,5%. Et cette nouvelle rigueur ne s'arrête pas là : il est question également de réduire les dépenses de fonctionnements dans ces mêmes administrations mais aussi chez les opérateurs de l'État comme Météo France ou le CNRS (Pôle emploi serait le seul épargné). Réactions.  

"Ca rappelle les mauvais souvenirs du gouvernement Fillon" (UNSA)

Luc Bérille de l'Unsa rappelle qu'"on avait critiqué le non-remplacement systématique d'un fonctionnaire sur 2 qui était une mesure aveugle. Aujourd'hui, on a la même impression [...] S'il s'agit de donner encore un chiffre aveugle que tout le monde doit appliquer le petit doigt sur la couture, on tombe dans un mécanisme loin de nos besoins ". 

"Déshabiller Pierre pour habiller Paul" (FO)

Pascal Pavageau, secrétaire confédéral de FO :"Il y aurait des missions publiques qui seraient prioritaires et qui devraient se payer sur d'autres missions. Nous n'acceptons pas qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul, alors que Pierre et Paul sont déjà en slip après la RGPP [NDLC : Révision générale des politiques publiques]". 

"Ce sont des orientations très négatives"

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : "Si on s'enfonçait dans une politique budgétaire de cette ampleur là, pendant trois années de suite, qu'on n'augmente pas les salaires, on voit mal quels moyens de relance il y aurait.

"Finalement la politique de Sarkozy était plus soft"

Lionnel Luca, député UMP : "Ceux qui ont cru qu'il y avait une autre politique possible que celle de Nicolas Sarkozy vont déchanter. En 1981, il avait fallu trois ans pour avoir droit au retour des réalités. Là, il aura fallu deux, trois semaines ". 

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