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Jean-François Copé fait-il campagne aux frais de l'UMP ?

FRANCE - Les partisans de François Fillon accusent le secrétaire général de l'UMP, candidat non déclaré à la présidence du parti, de pratiquer un "mélange des genres".

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France Télévisions
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Jean-François Copé, le 2 juillet 2012, lors d'un meeting à Fontenay-sur-Eure (Eure-et-Loir). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Non, Jean-François Copé n'est pas en campagne pour la présidence de l'UMP. Pas encore. C'est du moins le message qu'il essaie inlassablement de faire passer auprès des journalistes, sans grand succès. Car l'actuel secrétaire général du parti se prépare évidemment à faire acte de candidature. Le moment viendra "à la fin de l'été", a-t-il même précisé. En cette période de pré-campagne, les soutiens de son rival François Fillon, qui brigue officiellement le poste, l'accusent d'entretenir l'ambiguïté sur son rôle : agit-il en tant que numéro un de l'UMP ou en tant que pré-candidat à sa succession ?

Eure-et-Loir, Haut-Rhin, Calvados… Ces derniers temps, Jean-François Copé sillonne la France à la rencontre des militants, comme il a pris l'habitude de le faire depuis son arrivée à la tête du parti en 2010. Mais la présidentielle et les législatives sont passées, et la prochaine échéance sur l'agenda de l'UMP sera cette élection interne, à l'automne. Difficile, donc, de ne pas voir dans ces déplacements des actes de pré-campagne qui ne disent pas leur nom.

"Mélange des genres"

"Le secrétaire général utilise sa fonction pour parcourir les fédérations, tenir des réunions, procéder à des nominations… Quand il se déplace, il bénéficie du soutien de toute la structure et des permanents de l'UMP. Il en a tout à fait le droit, mais dans cette période, il devrait s'astreindre à davantage de réserve et éviter ce mélange des genres", accuse le fillonniste parisien Philippe Goujon. Les partisans de François Fillon déplorent notamment que l'équipe de Jean-François Copé leur refuse jalousement l'accès au sacro-saint fichier des militants.

"Ce sont des accusations totalement infondées", répond l'entourage de Jean-François Copé. "Personne n'utilise le fichier des militants", jure-t-on dans l'équipe Copé, qui assure que telle fédération départementale ou tel élu local utilise son propre carnet d'adresses. "Que je sache, lorsque François Fillon se déplace dans le Loiret, il y a bien une salle, des micros et des militants. Ce qui prouve bien que des mails circulent", raille un membre de l'équipe.

Des appels en faveur de Copé

Autre grief formulé à l'encontre de Jean-François Copé : les récentes nominations de certains de ses soutiens à des postes de secrétaires nationaux. Ces dernières semaines, trois nominations ont provoqué la colère des partisans de François Fillon dans la fédération de Paris, sa nouvelle terre d'élection. Ces derniers ont même adressé une lettre à Jean-François Copé, début juillet, pour lui demander de revenir sur la nomination de Géraldine Poirault-Gauvin, une élue en guerre ouverte avec Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement, président de la fédération de Paris, et principal soutien de François Fillon dans la capitale. "Leur nomination a été validée à l'unanimité en présence de François Fillon. D'ailleurs, les amis de François Fillon peuvent tout à fait proposer des noms", rétorque-t-on dans le camp Copé.

Malgré leurs frustrations, les soutiens de l'ancien Premier ministre estiment avoir remporté une petite victoire: il y aura au moins un bureau de vote par circonscription lors du scrutin pour désigner le président de l'UMP. Ses partisans soupçonnaient jusqu'à présent leurs adversaires de vouloir limiter la participation des adhérents en ne prévoyant qu'un bureau de vote par département. Une accusation fermement rejetée par Jean-François Copé.

Entre les deux camps, les amabilités vont crescendo à mesure que le calendrier avance. Depuis quelques jours, les appels en faveur de Jean-François Copé se multiplient, provenant de plusieurs fédérations importantes comme celle du Nord. "Ces appels sont d'une spontanéité toute militaire !", critique un pro-Fillon. Pour mieux souligner le double-jeu du camp adverse.

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