"Le progressisme ne va pas commencer au ministère de l'Intérieur en tout cas" : les députés de l'aile gauche de LREM méfiants après le remaniement

Sonia Krimi, Guillaume Chiche ou Claire Pitollat redoutent que les ministres ancrés à gauche soient muselés dans ce gouvernement, que les arbitrages de Matignon se fassent encore et toujours à leurs dépens.

Les députés LREM Guillaume Chiche et Sonia Krimi (au centre) à l\'Assemblée nationale.
Les députés LREM Guillaume Chiche et Sonia Krimi (au centre) à l'Assemblée nationale. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Un ex-sarkozyste nommé Premier ministre,Gérald Darmanin à l'Intérieur, Roselyne Bachelot à la Culture. Le gouvernement de Jean Castex penche à droite, ou tout du moins au centre-droit. Bon nombre de ministres issus des rangs de la gauche (Christophe Castaner, Muriel Pénicaud, Nicole Belloubet, Didier Guillaume) sont été évincés. Un remaniement que certains députés LREM à la sensibilité de gauche voient comme un affront, certains parlant même de trahison.

Un Premier ministre "gaulliste social"

Un gouvernement qui vire un peu plus à droite ? Les députés marcheurs de l'aile gauche le reconnaissent sans ambages, à l'instar de Sonia Krimi, députée de la Manche, qui l'accueille pourtant avec une certaine bienveillance. "Le positionnement du Premier ministre, c'est une droite gaulliste sociale qui me correspond plus." Sonia Krimi veut croire que cette équipe gouvernementale affichera donc plus de progressisme, du moins pour certains de ses membres.

Le progressisme ne va pas démarrer au ministère de l'Intérieur en tout cas. Je pense que même Gérald Darmanin est conscient de cela.Sonia Krimi, députée LREM de la Mancheà franceinfo

Alors pendant deux ans, face à ces figures de droite, il va falloir continuer à se faire entendre, estime la député Claire Pitollat : "Cela présage d'un challenge pour tous les députés qui sont un peu plus de l'aile gauche, d'être présents pour faire cet équilibrage avec l'ensemble du gouvernement."

"Une erreur tactique" 

Ces députés de la majorité, à gauche de LREM, craignent aussi que les ministres ancrés à gauche soient muselés dans ce gouvernement, que les arbitrages de Matignon se fassent encore et toujours à leurs dépens. Pour l'ex marcheur  Guillaume Chiche, cofondateur du groupe "Ecologie, Démocratie, Solidarité", ce remaniement est surtout une erreur tactique en vue de la présidentielle de 2022. "La République en marche, le président de la République, auraient tout intérêt à mener une politique de gauche et non pas se fourvoyer à essayer de consolider une base électorale à droite qui de toute manière se tournera vers un candidat d'une droite historique.", tance le député des Deux-Sèvres.

Ces députés de la majorité, méfiants ou du moins prudents, suivront avec attention le discours de politique générale du chef du gouvernement.

Les "marcheurs de gauche" prudents sur le nouveau gouvernement : écoutez le reportage de Julie Pacaud
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