"Jacques aimait la France. Il était la France" : Line Renaud rend hommage à Jacques Chirac

La chanteuse était extrêmement proche de l'ancien président, "un ami extraordinaire", "au-delà de l'amitié".

Jacques Chirac entouré de son épouse, Bernadette (G) et de la chanteuse Line Renaud (D) lors d\'un spectacle de Chantal Goya au Palais des congrès à Paris, le 8 novembre 1984.
Jacques Chirac entouré de son épouse, Bernadette (G) et de la chanteuse Line Renaud (D) lors d'un spectacle de Chantal Goya au Palais des congrès à Paris, le 8 novembre 1984. (JOEL ROBINE / AFP)

Avec Jacques Chirac, "c'était bien au-delà de l'amitié. C'était familial. C'était comme un grand frère", a témoigné lundi 30 septembre sur franceinfo Line Renaud. La chanteuse est une amie de longue date de l'ancien président de la République. Très affectée par sa mort, Line Renaud se souvient "des grands moments de bonheur" vécus avec la famille Chirac, comme des "moments de malheur" lorsqu'elle a perdu son mari. "Jacques était toujours là. Un ami extraordinaire".

Elle souligne également les liens "très forts" du "clan" Chirac et salue Claude Chirac, "exceptionnelle". Mais pour Line Renaud, Jacques Chirac était surtout "le cœur des Français". "Comme de Gaulle, il aimait la France. Il était la France".

Line Renaud chante lors de la campagne électorale de Jacques Chirac, le 11 avril 1981 à Paris.
Line Renaud chante lors de la campagne électorale de Jacques Chirac, le 11 avril 1981 à Paris. (GEORGES GOBET / AFP)

franceinfo : Qui était Jacques Chirac pour vous ?  

Line Renaud : C'était bien au-delà de l'amitié. C'était familial. C'était comme un grand frère. Je le connais depuis si longtemps. Il était Premier ministre de Giscard [d'Estaing] quand je l'ai rencontré. C'était en 1975. C'était au Palais des congrès pour l'union des républicains, l'UDR [L’Union des démocrates pour la Cinquième République]. Je suis allé par hasard à cette réunion. Je l'ai écouté. Je l'ai suivi par conviction. J'étais gaulliste. Pour moi, c'était la continuité. Quand je l'ai écouté parler au Palais des congrès avec mon mari, nous avons été immédiatement convaincus. On ne l'a plus jamais lâché. Dans les moments pénibles, on a partagé des grands moments de bonheur, on a fait les anniversaires, ceux de Loulou, ceux de ma maman, ceux de Bernadette, ceux de Jacques, ceux de Claude. C'était à chaque fois un grand moment de bonheur. Mais on a eu aussi les moments de malheur, quand mon mari est décédé. Quatre ans plus tard, ce fut ma maman.

Jacques était toujours là. Jacques était un homme exceptionnel, un ami extraordinaire, fidèle en amitié.Line Renaudà franceinfo

Il était un grand chef d'État. Il était la France.

Jacques Chirac console Line Renaud, lors des obsèques de la mère de la chanteuse, le 24 juin 1999.
Jacques Chirac console Line Renaud, lors des obsèques de la mère de la chanteuse, le 24 juin 1999. (GEORGES GOBET / AFP)

C'est Claude Chirac qui vous a annoncé le décès de son père ?  

Tous les jours je m'attendais à entendre ça. Elle m'a téléphoné : "Line, je vous appelle avant que la presse le sache. Papa vient de mourir". Je lui ai dit : "Je peux faire quelque chose pour toi ?" Elle m'a dit : "Non, soyez avec moi par la pensée". Elle est formidable. Claude est exceptionnelle. Elle tient tout à bout de bras. C'est fantastique. Une dévotion à son père et à sa mère ! Bernadette est très fatiguée. Je ne sais pas si elle sera à l'enterrement. Mais le sait-elle ? Le réalise-t-elle ? Je ne sais pas.

Les Chirac, c'est un clan très très fort. Ils ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre. Et quand il était loin, il fallait qu'il appelle Bernadette sans arrêt.Line Renaud

C'est d'une solidité ! C'est une muraille.  

Comment avez-vous vécu l'hommage populaire aux Invalides dimanche ?  

Ça m'émeut beaucoup. C'est vraiment le cœur des Français. Jacques était le cœur des Français. Il aimait la France. Quand il en parlait, cela me rappelait de Gaulle. Comme de Gaulle, il aimait la France. On a plein de points communs. On rit beaucoup, on aime les gens, on est bien avec les gens. Jacques, quand il était avec le peuple, il adorait serrer des mains. Ce n'était pas politique. Il serrait les mains, les embrassait, prenait les enfants, allait boire une bière au comptoir d'un café, parlait de la France. Il était la France.

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