Intermittents : un préavis de grève et le ton monte

Les intermittents se lancent dans un bras de fer avec le gouvernement. La CGT Spectacle a déposé vendredi un préavis de grève national pour tout le mois de juin, alors que la convention chômage contestée pourrait être signée au ministère du travail, d'ici trois semaines.

(La grève des intermittents reconduite vendredi à Montpellier (Printemps des Comédiens) © Maxppp)

Le mot d’ordre lancé par le syndicat CGT du spectacle porte sur un préavis de grève jusqu’au 30 juin et il est censé "couvrir l’ensemble des salariés ", artistes et techniciens. Le signal de radicalisation est destiné au gouvernement, pour qu’il ne signe pas la nouvelle convention chômage, modifiant  leur statut.

Des soutiens qui s’étoffent

Le monde du spectacle s'affiche de plus en plus clairement derrière les intermittents. Des dirigeants de théâtre, des directeurs de festivals, des élus comme les maires de Paris et de Lille ont montré leur soutien. A son tour, vendredi, le monde du cinéma est entré dans la danse avec 150 signatures, pour appeler François Hollande et Manuel Valls à ouvrir des négociations. Agnès Jaoui, Robert Guédiguian, Cédric Klapisch, Bruno Podalydès figurent parmi les signataires du texte :

"Nous n’avons pas été entendus par la droite en 2003 et 2004. Mais nous sommes en droit d’espérer l’être enfin par la gauche aujourd’hui après dix ans de lutte."

La colère monte mais la grève ne s’étend pas  

Pour le moment, la grève reste contenue au Printemps des Comédiens à Montpellier, où tous les spectacles sont annulés depuis l’ouverture mardi. Des actions ponctuelles sont menées ici ou là. Ainsi à Besançon, des intermittents ont coupé le courant dans deux agences de pôle Emploi. A Marseille, le tournage de Plus belle la vie  a été bloqué quelques heures de grève des intermittents. A Montpellier, du Centre dramatique national (CDN), Rodrigo Garcia, a pris la défense des intermittents, en parlant de "combat légitime " et il a annulé sa pièce Golgota Picnic, prévue les 11, 12 et 13 juin.

Toujours dans l’Hérault, à Villeneuve-les-Maguelone, un directeur de festival a en revanche peu apprécié l'intrusion d'une centaine d'intermittents grévistes lors d'un concert jeudi. Il a été annulé et le directeur Philippe Leclant a menacé d’aller en justice.

Une signature de la nouvelle convention fin juin ?

Les intermittents contestent le changement des règles du jeu de leur indemnisation-chômage. Le régime spécial de techniciens et artistes est conservé, mais un nouveau texte prévoit notamment un délai de carence, avant de toucher des allocations. La nouvelle mouture validée par la CFDT, FO, la CFTC et le patronat sera examinée le 18 juin par le Conseil national de l’emploi et il est question d’une possible signature au ministère du travail, au moment des festivals, à la fin du mois de juin...