Indignés, "règle d'or": Royal est sur tous les fronts

Un livre à paraitre en septembre, une tribune dans Le Figaro: Ségolène Royal occupe le terrain dans la bataille de la primaire. Et livre ses dernières propositions.

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, en visite le 21 août 2011 à  Saint-Marc-sur-Mer (44)
Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, en visite le 21 août 2011 à Saint-Marc-sur-Mer (44) (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Un livre à paraitre en septembre, une tribune dans Le Figaro: Ségolène Royal occupe le terrain dans la bataille de la primaire. Et livre ses dernières propositions.

C'est un nouveau public qui, jusqu'à maintenant, n'a pas tellement attiré l'intérêt des politiques en campagne. De l'Espagne à Israël, les indignés remettent en cause les modèles sociaux européens. Et fustigent souvent les dirigeants sociaux-démocrates. Les revendications sont plurielles mais les indignés ont tous le point commun de se revendiquer de l'esprit du best-seller de Stéphane Hessel, Indignez-vous.

Ségolène Royal y ajoute une nouvelle catégorie, celle des résignés. L'ex-candidate socialiste de 2007 s'adresse à eux dans un livre, Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions, qui sera publié chez Plon en septembre. Au fil des pages, elle y assure qu'elle fait "tout pour être leur voix" et que des "solutions existent". Un véritable leitmotiv qu'elle répète à l'envi : "Non au désenchantement, il y a des solutions".

Dans un exercice de séduction bien rôdé, la présidente de la région Poitou-Charentes exhorte les "indignés et résignés" : "La France a besoin de vous (…) pour se transformer". Evidemment, le "pilier sur lequel les Français pourront s'appuyer", c'est bien elle.

Son atout principal ? "L'expérience des grandeurs et de la dureté d'une campagne présidentielle". L'ex-candidate à l'Elysée a pris des coups en 2007, mais surtout elle a "compris [ses] erreurs". Ségolène Royal ne se laissera "plus ni dénigrer, ni mépriser, ni rabaisser". Depuis quatre ans, elle a "approfondi et même expérimenté des solutions". Celles-ci visent, comme en 2007, à aboutir un "ordre social juste".

Règles "d'argent" et "de diamant"

Sur le terrain économique, et plus particulièrement de la crise de la dette, Ségolène Royal décline ses propositions dans une tribune publiée lundi dans Le Figaro . Répondant à François Fillon, qui a appelé samedi l'opposition à soutenir la mise en place d'une "règle d'or" budgétaire, la candidate à la primaire PS offre d'ajouter sept autres règles.

"Je vous propose, en complément de votre 'règle d'or', les règles d'un ordre social juste pour mettre fin aux désordres injustes: désordres des banques qui dictent leur loi aux Etats et aux peuples, désordre des spéculateurs qui vampirisent la création de richesse par le travail", écrit-elle.

Et d'énumérer: "La règle de diamant: que le principe de justice fiscale soit aussi inscrit dans la Constitution ; la règle d'argent: que l'égalité fiscale soit faite entre les entreprises du CAC 40 et les PME ; la règle de fer: que soient interdites les stock-options et les sur-rémunérations des traders".

Dans cette tribune, Mme Royal demande à François Fillon s'il peut "affirmer que, si cette règle de la maîtrise du déficit public avait été posée en 2007, vous auriez pu engager les dépenses suivantes: bouclier fiscal, allègement de l'ISF, exonération des heures supplémentaires, création de niches fiscales et sociales ?".

Tout comme le reste du PS, elle entend ainsi obtenir une révision de la politique fiscale, et donc de plusieurs mesures phares du quinquennat de Nicolas Sarkozy.