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Hollande envisage une baisse des impôts en 2017 pour les classes moyennes

Dans un entretien donné à nos confrères des Echos, le président de la République s'est notamment exprimé sur le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, la loi Travail et l'éventualité d'un recours au 49-3, mais aussi sur le Brexit, la croissance et la politique fiscale à venir.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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  (Cette interview semble acter la deuxième étape de la désormais plus que probable entrée en campagne d'un président au plus bas dans les sondages © Sipa)

 Au plus bas dans les sondages, le président de la République, dans un entretien donné aux Echos à paraître jeudi, s'est fendu d'une série d'annonce et a précisé son positionnement pour les mois à venir. Après son discours au théâtre du Rond-Point le 3 mai, cette interview semble acter la deuxième étape de sa désormais plus que probable entrée en campagne. Il a notamment évoqué une croissance supérieure à 1,6% avant la fin de l’année 2016, le maintien en l’état de la rédaction actuelle de l’article 2 de la loi Travail, ainsi qu’un allégement de la fiscalité ciblé sur les classes moyennes.

                

►  Projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : "Les travaux s'engageront prochainement dans le respect du droit et la ZAD sera donc évacuée".

►  Croissance et chômage : "Il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chômage. C'est un fait indiscutable. Notre croissance sera supérieure à 1,6% cette année, ce qui nous permettra de créer au moins 200.000 emplois".

►  Loi Travail : l'article 2 de la loi travail "sera maintenu dans sa rédaction actuelle" et le gouvernement aura à nouveau recours au 49-3 si besoin devant l'Assemblée. La CGT, dans les manifestations, "n'est pas responsable des violences, elle en a même été la victime".

                  

►  Politique fiscale : "Si, malgré le Brexit, la croissance était de 1,7% en 2017, ce geste fiscal, qui ne pourrait être supérieur à 2 milliards d'euros, viendrait s'ajouter aux allégements accordés depuis 2014 et qui ont d'ores et déjà concerné 12 millions de contribuables". Hollande a une "préférence" pour une "mesure ciblée pour les classes moyennes".

►  Crédit d'impôt compétitivité emploi : la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) ne sera finalement pas totalement supprimée en 2017, au profit notamment d'un "relèvement" du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).                 

► Prime à l’embauche pour les PME : "C'est un succès au bénéfice de l'emploi et des entreprises et j'ai donc décidé de le prolonger sur l'ensemble de l'année 2017, comme d'ailleurs le mécanisme du suramortissement des investissements".

► Election présidentielle : les projets des candidats à la primaire de la droite sont "éminemment dangereux pour notre modèle social" et il y a "beaucoup d'inconséquence et peu de justice". Il n'y a "aucune" distinction entre les programmes d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et consorts. "La différence" se fait "essentiellement sur l'Europe et sur l'identité nationale. Mais pour le reste, c'est, si je puis dire, un fonds commun de mauvais placement".

► Referendum sur l’Europe : "Pourquoi organiser un tel tumulte et une telle confrontation, si ce n'est pour quitter l'Union européenne ? Les mensonges, les simplifications, les outrances et même les violences que l'on a constatées pendant la campagne référendaire au Royaume-Uni ne suffisent donc pas à ces apprentis sorciers ? Il ne s'agit évidemment pas de se méfier du peuple. Mais le rendez-vous démocratique sur l'Europe, il aura lieu en France lors de la prochaine présidentielle".                

Brexit et impact sur la place financière : "Le Royaume-Uni redevenant un pays tiers, le passeport financier européen devra disparaître, de même que ce sera la fin du passeport commercial et du passeport européen tout court (...) Nous devons adapter nos règles, y compris fiscales, pour rendre la place financière de Paris plus attractive".

Etats-Unis : "Ceux qui affirment que Donald Trump ne peut pas être le prochain président des Etats-Unis sont les mêmes qui prétendaient que le Brexit ne serait jamais voté. Ses slogans diffèrent peu de ceux de l'extrême droite en Europe et en France: peur de la déferlante migratoire, stigmatisation de l'islam, mise en cause de la démocratie représentative, dénonciation des élites... alors même que Donald Trump, par sa fortune en est l'incarnation la plus évidente". "Oui", son entrée à la Maison-Blanche serait dangereuse.

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