Violences policières : "La police n’est pas raciste, mais quelques policiers le sont", affirme Ségolène Royal

Ségolène Royal, présidente de Désir d’avenir pour la planète et ancienne ministre de l’écologie, est l’invitée des "4 Vérités", lundi 8 juin sur France 2.

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Faut-il aller plus loin dans le déconfinement et alléger les protocoles sanitaires ? "Je ne crois pas. En revanche, si l’on veut accélérer le déconfinement, il faut maintenir les barrières de distanciation et les masques", explique Ségolène Royal, présidente de Désir d’avenir pour la planète et ancienne ministre de l’écologie, invitée des "4 Vérités", lundi 8 juin sur France 2.

Doit-on adapter les règles concernant l’école, les enfants étant peu porteurs du virus ? "Oui bien sûr. Les instructions de 63 pages qui sont tombées sur la tête des écoles ont entraîné une réaction d’inertie. Les enseignants ont eu peur pour leurs élèves et pour eux-mêmes", précise Ségolène Royal.

L’ancienne ministre juge la fermeture des parcs pendant le confinement comme "absurde". "Les gens qui ont été privés du contact avec la nature ont subi très difficilement le confinement", indique-t-elle.

Il y a eu 19 morts au cours d’opération de police

L’État doit-il être au rendez-vous de ses promesses, avec des augmentations de salaire d’ampleur pour les personnels soignants ? "L’État doit l’être et rapidement. [Notamment] s’il y a une deuxième vague d’épidémie, soit maintenant soit plus tard. De toute façon le dérèglement climatique va conduire à des crises sanitaires de plus en plus fréquentes. Donc il faut un dispositif et [aider] un service de la santé qui a montré ses limites", précise Ségolène Royal, qui ajoute : "Il n’y a aucune raison que la fonction publique hospitalière soit moins payée que la fonction publique d’État".

Sur la question des violences policières, il faut attendre de l'exécutif "l’ordre républicain. Qu’est-ce que c’est ? C’est la confiance du peuple français dans ses grandes institutions régaliennes : la police, la gendarmerie, l’armée et la justice", précise l’ancienne ministre.

"La police n’est pas raciste, mais quelques policiers le sont. La preuve c’est qu’il y a une trentaine d’enquêtes sur des faits de racisme ou d’injures. Il y a 1 450 enquêtes sur des dysfonctionnements à la suite de la saisine de l’IGPN, et il y a eu 19 morts au cours d’opération de police. […] Il faut que le gouvernement ait une parole de vérité et reconnaisse les dysfonctionnements et apporte des solutions", indique Ségolène Royal.

Des manifestations ont eu lieu en France contre les violences policières. "Là, il y a un vrai danger, parce que cela peut faire convergence avec les 'gilets jaunes', avec les jeunes dans les quartiers. Donc il faut faire extrêmement attention et ne pas être en retard sur les décisions", conclut Ségolène Royal.

Ségolène Royal sort de l\'Elysée le 3 mai 2017.
Ségolène Royal sort de l'Elysée le 3 mai 2017. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)