Quotas : l'exécutif met le cap à droite en vue des municipales

Le gouvernement entend revoir les contours de l'immigration économique au moyen de quotas pour travailleurs étrangers. L'analyse de la journaliste Nathalie Saint-Cricq sur le plateau de France 2.

France 2

Le gouvernement veut instaurer des quotas d'immigration économique pour rediriger les nouveaux arrivants sur le territoire vers des secteurs manquant de main-d'œuvre. Ces quotas ne sont pas sans rappeler le fameux principe d'une immigration choisie et non subie, prôné par Nicolas Sarkozy en 2007. "C'est un vieux slogan que la droite a utilisé parce qu'elle se voulait pragmatique et refusant le simplisme. Alors, le simplisme, c'est le côté immigration zéro, dont tout le monde sait très bien que ce n'est ni souhaitable ni possible, ou alors, à l'opposé, l'angélisme selon lequel on peut ouvrir les vannes sans problème", explique la journaliste Nathalie Saint-Cricq sur le plateau du 20 Heures. "Là, on nous vend l'idée que tout le monde y gagne. Cela a un côté realpolitik économique, avec une grosse arrière-pensée : on affiche l'encadrement d'un phénomène, l'immigration, qui pour les Français, n'est absolument pas maîtrisée", ajoute-t-elle.

Ne pas laisser le champ médiatique à Marine Le Pen

Assiste-t-on à changement de cap de la part du gouvernement ? "C'est un virage à droite, c'est un durcissement, et puis c'est clairement assumé, d'abord parce qu'Emmanuel Macron ne veut en aucun cas laisser le monopole de la lutte contre l'immigration à Marine Le Pen, qui dans les sondages, est jugée beaucoup plus crédible que lui. Et puis, il est persuadé que cette thématique va monter en puissance dans les semaines qui viennent. Alors, même si le bénéfice de toutes ces mesures est loin d'être prouvé à court terme, Emmanuel Macron occupe le débat et rebat les cartes en entrant sur le terrain de l'adversaire. On verra si ça convainc les Français", conclut-elle.

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Edouard Philippe sur le perron de l\'Elysée, le 30 octobre 2019.
Edouard Philippe sur le perron de l'Elysée, le 30 octobre 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)