Plan prison de Nicole Belloubet : "On fait fausse route une nouvelle fois (...) c'est du Taubira réchauffé"

Le syndicat Force ouvrière Pénitentiaire s'oppose notamment à la proposition visant à éviter les courtes peines d'emprisonnement. 

L\'intérieur de la prison de Grenoble, le 4 juillet 2018. (Illustration). 
L'intérieur de la prison de Grenoble, le 4 juillet 2018. (Illustration).  (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

"On fait fausse route une nouvelle fois", a réagi mercredi 12 septembre sur franceinfo Emmanuel Baudin, le secrétaire général de Force ouvrière Pénitentiaire, alors que la ministre de la Justice Nicole Belloubet a présenté son plan prison en Conseil des ministres.

Le projet de la garde des Sceaux réécrit notamment l'échelle des peines pour éviter les courtes peines d'emprisonnement. "C'est du Taubira réchauffé", a commenté le syndicaliste. "On essaie de refaire ce qui a échoué il y a quelques années", selon lui

De nouveaux établissements qui peinent à convaincre

Nicole Belloubet annonce également la construction d'ici 2022 de quelque 2 000 places dans des "structures d'accompagnement vers la sortie" implantées en ville pour être proches des services de l'emploi, du logement et de l'éducation.

"On a déjà des établissements qui pourraient servir à cela, où vous pouvez mettre des détenus qui ont besoin de moins de sécurité", a pointé Emmanuel Baudin, assurant que "des quartiers pour peine aménagée (QPA) sont quasiment vides aujourd'hui".

"Pourquoi ne pas repenser des petites maisons d'arrêt qui, au niveau sécuritaire, ne sont pas adaptées, et les transformer ?" s'interroge Emmanuel Baudin qui cite l'exemple de la maison d'arrêt de Cherbourg (Cotentin). "C'est un établissement qui a de l'âge : on pourrait penser à y installer des détenus qui pourraient sortir la journée", a-t-il estimé.