"Il faut faire monter la feuille de paie", le MoDem demande une "grande conférence sociale"

Dans une tribune publiée dimanche 17 novembre dans Le Parisien, le président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, Patrick Mignola, réclame, une "grande conférence sociale" pour que "le travail paie mieux" face à la "dépression" du pays.

Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l\'Assemblée nationale, à Paris le 29 avril 2019.
Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, à Paris le 29 avril 2019. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale et député de Savoie Patrick Mignola, réclame à l'exécutif, dont il est l'allié, une "grande conférence sociale" pour répondre aux souffrance des Français, dans une tribune qu'il cosigne ce dimanche 17 novembre dans Le Parisien avec Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI à l'Assemblée, et Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat. Sur franceinfo, Patrick Mignola appelle les syndicats à "se mettre autour de la table" et à "conduire les négociations salariales".

franceinfo : Pourquoi demandez-vous ce Grenelle social ?

Patrick Mignola : "Parce que nous avons besoin d'un nouvel élan dans le pays. Ce que nous pensons avec nos amis centristes, mais je suis sûr que La République en marche partage aussi cet objectif, c'est que la majorité n'assume pas ce pour quoi elle est là, c'est-à-dire la lutte contre l'inégalité. On n'a jamais fait autant baisser le chômage depuis deux ans, on n'a jamais eu une croissance aussi élevée par rapport aux autres pays d'Europe, on n'a jamais autant baissé les impôts, mais les Français ne voient pas se réduire les injustices sociales et c'est à ça qu'il faut répondre.

Votre tribune tape un peu sur le gouvernement, mais vous dites que l'Etat a fait son travail. Qu'en est-il ?

C'est vrai que le gouvernement a fait le boulot pour baisser les prélèvements, mais aujourd'hui il faut que tous les accords sociaux, les syndicats patronaux, les syndicats représentants leurs salariés fassent le leur pour augmenter les salaires. En dix ans, la rémunération du capital a augmenté sept fois plus vite que la rémunération du travail. Objectivement, quand on est dans l'année de la crise des "gilets jaunes", qui est une crise de pouvoir d'achat par excellence, qu'on batte les records de dividendes aux actionnaires dans les entreprises, que les patrons du CAC40 augmentent de 40% leur rémunération, ça conduit les Français à penser qu'ils n'en profitent pas autant que les autres. Il faut la reconnaissance du travail et de l'effort.

Que faut-il faire ?

Il faut d'abord faire baisser la feuille d'impôt, mais je crois aussi qu'il faut faire monter la feuille de paye. C'est le rôle des syndicats de se mettre autour de la table et de conduire les négociations salariales. C'est ce qui nous manque.

Qui est responsable ?

Nous sommes tous responsables parce que ce qui manque dans notre pays ce n'est pas que de l'argent, c'est un projet collectif qui nous permette de croire un peu plus les uns dans les autres. On est aujourd'hui en compétition, en jalousie les uns les autres et parfois même en confrontation. Il nous faut un projet de société en rééquilibrant la rémunération du capital et du travail. On vit dans un capitalisme complètement dérégulé, il faut qu'on construise un capitalisme à visage humain. Ça, ça peut remobiliser les Français.

Pensez-vous que les colères des Français peuvent s'opposer de manière plus frontale aux pouvoirs publics ?

Bien sûr. C'est un risque énorme pour notre pays. Demain, pour que les entreprises continuent de se développer, il faut éviter l'instabilité sociale. Il y a bien une chose qui peut mettre en jeu l'économie française, c'est l'instabilité sociale. Donc, il faut un esprit de responsabilité. Gouvernement, parlement, acteurs sociaux, il faut que tous ensemble on se dise qu'il faut remettre de la régulation. Ça c'est un projet de société qui peut nous rassembler."