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Le FN visé par une enquête pour travail dissimulé après une plainte de l'ex-chauffeur de Jean-Marie Le Pen

Jean-Pierre Zablot affirme, dans un livre publié mercredi, avoir été victime d'une forme "d'esclavage moderne" pendant plus de quinze ans.

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Jean-Marie Le Pen arrive au siège du Front national, le 3 juillet 2015, à Nanterre (Hauts-de-Seine). (THOMAS SAMSON / AFP)

La justice se penche à nouveau sur les pratiques du Front national. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire, le 30 janvier, après une plainte pour travail dissimulé déposée par l'ancien chauffeur de Jean-Marie Le Pen. L'enquête s'intéresse à une période allant de 1999 à la fin 2016, indique le parquet, mercredi 15 mars.

La plainte initiale de Jean-Pierre Zablot, datée du 9 janvier, a été révélée par les journalistes Mathias Destal (Marianne) et Marine Turchi (Mediapart) dans le livre Marine est au courant de tout... (Flammarion), paru mercredi.

Payé "au noir"

Surnommé "Z2", Jean-Pierre Zablot se présente dans le livre comme un ex-membre du DPS, le service de sécurité du FN, et comme chauffeur attitré de Jean-Marie Le Pen. "Il m'arrivait de conduire Marine aussi", explique-t-il aux journalistes. Il raconte ses journées-type, à rallonge selon lui, sans "vacances" ni "week-ends", de "l'esclavage moderne", le tout pour 2 000 euros mensuels, payés "au noir".

En avril 2015, d'après le livre, il tombe malade. Atteint de "graves difficultés pulmonaires, d'insuffisance rénale et d'anémie", le FN se passe de ses services. "J'ai été abandonné comme un chien", accuse-t-il.

Le FN "réfute toutes les allégations"

Il raconte toutefois que Nicolas Lesage, directeur de cabinet de Marine Le Pen, lui a annoncé que le FN lui donnerait "10 000 euros". Jean-Marie Le Pen lui a aussi donné "4 000 euros" et Fraternité française, une association dont la présidente d'honneur est la femme de Jean-Marie Le Pen, Jany, lui a donné 7 800 euros. Soit un total de 21 800 euros de promesse et de versements de dons.

D'après les auteurs du livre, le cabinet de l'avocat William Bourdon a adressé une mise en demeure à Marine Le Pen, à la mi-juillet 2016, et reçu une réponse du trésorier du FN, Wallerand de Saint Just. Ce dernier dit "réfuter absolument toutes les allégations de M. Zablot". Toujours d'après les auteurs, c'est Jean-Marie Le Pen qui a poussé Jean-Pierre Zablot à s'adresser au Front national, avec lequel il est en conflit.

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