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François Bayrou se voit toujours président

Dimanche 25 mars, François Bayrou a tenu un meeting au Zénith de Paris. Devant six mille personnes, il a tenté de relancer sa campagne et de remobiliser ses militants en employant un ton volontaire.
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François Bayrou au Zenith de Paris, dimanche 25 mars 2012 (FTV)

Dimanche 25 mars, François Bayrou a tenu un meeting au Zénith de Paris. Devant six mille personnes, il a tenté de relancer sa campagne et de remobiliser ses militants en employant un ton volontaire.

Que le plancher du Zénith s'en souvienne ! Les soutiens de François Bayrou tiennent leurs promesses, alors que le candidat du Modem était en meeting dimanche à Paris.

Tapage diurne

"Il faut que ça tape", espérait une militante à l'entrée du Zénith. Et ça tape. Les militants et sympathisants du candidat du MoDem ponctuent du pied le discours de leur favori.

En 2007, le meeting du Zénith à Paris de François Bayrou avait marqué les esprits. Plusieurs milliers de personnes n'avaient pas pu rentrer au moment où M. Bayrou était à son apogée dans les sondages. Cinq ans plus tard, presque jour pour jour, il espère retrouver cette dynamique.

La salle est remplie, mais on peut circuler dans la fosse. Dehors, en revanche, il n' y a pas personne. L'écran géant prévu, au cas où, à l'extérieur ne diffuse pas le discours.

Cela fait tout de même 6500 personnes qui applaudissent ou sifflent tour à tour comme doit le faire une salle militante. Les "Bayrou président", fusent tout au long du discours de plus d'une heure.

"Ode à la volonté politique"

"Ce discours sera une ode à la volonté politique", promettait-on dans son entourage.

De fait, si M. Bayrou reprend l'ensemble de son programme évoqué au fil de la campagne (produire en France, unité nationale, référendum sur le moralisation de la vie politique etc, etc), le ton a légèrement changé.

Il emploie la première personne du singulier et le futur. Il a simplifié son style pour adopter une scansion plus directe. Je ferai ceci, je ferai cela. Et il inscrit ses propositions dans un avenir plus proche que son agenda 2012-2020, celui des 100 premiers jours de sa présidence et au-delà à six mois.

"Je serai le président de ce rassemblement d'unité nationale. Je serai le président de ce courage. Je serai, pour vous et avec vous, pour les Français rassemblés, le président de cet espoir", conclue-t-il sa longue allocution.

Après Toulouse

En début du discours, il retrace son parcours personnel d'enfant de la République avant d'évoquer le drame de Toulouse, en essayant de ne pas donner l'impression de l'exploiter.

"Quand sans aller jusqu'au terrorisme, la violence et l'intolérance montent dans toutes les couches de la société, que les appels à la haine tournent sur Internet alors la République, si elle ne se pose pas de questions, ne fait pas son devoir", assène-t-il avec force.

Evoquant le choix d'Henri IV au moment des guerres de religions. il promet "sans trêve, de défendre une idée directrice: nous allons vivre ensemble".

Un peu plus loin dans le discours, il évoque ses mesures en matières de sécurité: réimplantation des forces de police dans les zones de non-droit, nomination d'un sous prefet dans chaque quartier difficile avec obligation d'y résider, une réponse "rapide" pour la délinquance des très jeunes mineurs.

"Plus punchy"

Tout en développant son programme, il évoque en creux les absences de ses concurrents qu'il ne nomme pas, sauf à une seule reprise François Hollande.

Mais les militants les reconnaissent et les huent copieusement.

"Il faut qu'il soit plus punchy. Il doit montrer qu'il est un aussi bon tribun que Jean-Luc Mélenchon", expliquait Okan Germiyan, responsable de la mobilisation des jeunes en Ile de France.

"C'est bon ça. J'ai la chair de poule, c'est magnifique", témoigne un militant heureux.

Le meeting s'achève. M. Bayrou, entouré de toute son équipe à la tribune, savoure la standing ovation de plusieurs minutes. A un moment, il fait semblant avec les mains de plonger dans la foule comme dans un concert de rock.

"On va gagner, on va gagner", scandent les militants.

Il pourra y trouver un signe d'encouragement pour le dernier mois de campagne alors qu'il stagne dans les sondages. Car comme le reconnaît un membre de son équipe: "la vie est dure en ce moment".

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