Fillon : Copé refuse une dérive de l'UMP "vers l'extrême droite"

Huit jours après avoir levé le tabou du vote pour un candidat du Front national, une déclaration réitérée vendredi à Nice, l'ancien Premier ministre est la cible des autres responsables de l'UMP. Et de son président Jean-François Copé qui juge la situation grave au point de mettre en cause l'avenir du premier parti de l'opposition.

(Philippe Wojazer Reuters)

Il y a d'abord eu l'embarras des proches de François Fillon invités à commenter le conseil glissé le 8 février, en cas de duel PS/FN, celui de "voter pour le moins sectaire " .

Puis l'embarras a laissé la place à la critique d'autant que l'ancien Premier ministre n'a pas reculé vendredi dernier à Nice. Il a, au contraire, renchéri sur la même ligne,
rejetant aussi bien le "ni-ni ", ni FN ni PS, et le "front républicain ". Jean-Pierre Raffarin a lancé une "alerte rouge". 

Puis c'est Alain Juppé qui a affiché sur son blog son "incompréhension" : "J'ai dit que je ne comprenais pas la volte-face
de F. Fillon. Je ne peux pas croire qu'elle s'expliquerait par un calcul
politique de repositionnement tactique au sein de l'UMP et de
l'opposition. Mais ma naïveté est peut-être encore grande..."

Objectif : les primaires de l'UMP en 2016*


Il ne restait plus à Jean-François Copé qu'à surfer sur cette vague de protestation : "C'est l'avenir de l'UMP qui est en jeu si on la laisse dériver vers
l'extrême droite",
 a -t-il dit au Figaro. "Je pense à nos candidats aux
municipales: la banalisation du vote FN peut être ravageuse pour eux alors qu'à
l'inverse, si on refuse les compromissions tout en ne lâchant rien sur la
droite décomplexée, on gagnera".

Invité du journal de 20 heures de TF1 lundi soir, le président de l'UMP en a remis une couche : "Les Français n'en ont rien à faire de ces combinaisons partisanes qui datent plutôt de la IVe République et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux ", a déclaré le président de l'UMP, évoquant des "alliances contre-nature ".

Histoire de doubler son rival sur le terrain des valeurs, un avantage peut-être déterminant  pour les primaires de 2016. A moins que François Fillon n'ait fait le pari inverse. Avec le même objectif.