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Fillon, Copé, Juppé : qui soutient qui, en pleine guerre des chefs à l'UMP ?

Cadres départementaux de l'UMP et ténors du parti ont participé à un séminaire à huis-clos samedi 7 juillet, sur fond de guerre des chefs. L'occasion de faire le point : qui soutient qui au sein de l'ancien parti présidentiel ?
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Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP et François Fillon, ex Premier ministre de Nicolas Sarkozy. (THOMAS SAMSON / AFP)

Cadres départementaux de l'UMP et ténors du parti ont participé à un séminaire à huis-clos samedi 7 juillet, sur fond de guerre des chefs. L'occasion de faire le point : qui soutient qui au sein de l'ancien parti présidentiel ?

Les cadres de l'UMP se sont réunis à huis clos samedi 7 juillet au siège du parti, rue de Vaugirard à Paris.

Objectif : tirer le bilan du double échec des élections présidentielles et législatives et préparer le prochain congrès de l'UMP qui aura lieu les 18 et 25 novembre prochains. Congrès au cours duquel les quelques 250.000 adhérents désigneront le nouveau président de la formation de droite.

Jean-François Copé et François Fillon sont intervenus à la tribune. Le premier devrait briguer la présidence de l'UMP, tandis que le second a déjà déclaré sa candidature. Mais sur qui peuvent-ils compter ? Le point sur les forces en présence.

François Fillon

Officiellement lancé dans la course à la présidence, M. Fillon, qui fera son premier déplacement lundi dans le Loiret, peut s'appuyer sur de nombreux soutiens.

  • Valérie Pécresse : "aujourd'hui, je considère en conscience que le meilleur pour nous faire gagner en 2017, c'est François Fillon", a-t-elle déclaré dans un entretien au Figaro. L'ex-ministre n'exclut pas de se présenter en "ticket" avec lui.
  • Gérard Larcher : "Pour incarner un projet d'alternance, nous avons besoin de François Fillon", a affirmé l'ancien président du Sénat au Point.
  • Eric Ciotti : "François Fillon est le mieux à même de rassembler notre famille politique et de la conduire vers la victoire", a déclaré dans Nice Matin le député des Alpes-Maritimes, représentant de l'aile droite du parti. Celui-ci pourrait même devenir son directeur de campagne, ou son porte-parole selon Le Parisien qui cite un proche de M. Fillon : "C'est un très bon organisateur et il parle très bien à la frange droitière de nos adhérents".
  • Laurent Wauquiez : "il faut nous rassembler, et François Fillon est incontestablement le mieux placé pour le faire", a déclaré dans Le Figaro, le leader de la Droite sociale.
  • Roselyne Bachelot : "Je souhaite que François Fillon soit candidat à la présidence de l'UMP", a dit l'ancienne ministre, une proche, sur BFM TV, ajoutant qu'elle serait "à ses côtés pour mener ce combat".

Jean-François Copé

S'il n'a pas encore officiellement déclaré sa candidature à la présidence du parti, nombreux sont ceux à s'être déjà positionnés en sa faveur.

  • Christian Jacob : proche de M. Copé, le député de Seine-et-Marne, qui a été réélu président du groupe UMP à l'Assemblée nationale face à Xavier Bertrand, sera un soutien utile pour fédérer les parlementaires autour d'une candidature.
  • Rachida Dati : la député européenne fait ouvertement campagne pour M. Copé. Ennemie déclarée de M. Fillon, à qui elle a du laisser sa circonscription pour les législatives à Paris, celle-ci ne rate pas une occasion de tirer à boulets rouges sur l'ancien Premier ministre.
  • Luc Chatel : proche de M. Copé, et leader des libéraux au sein de l'UMP, l'ancien ministre devrait soutenir député-maire de Meaux. Mais les membres du courant libéral, baptisé la "Droite moderne", n'excluent pas de présenter leur propre candidat.
  • Jean-Pierre Raffarin : il ne le dit pas directement mais M. Raffarin ne nie pas son soutien à M. Copé. Il a ainsi affirmé dans une interview au Talk Orange-Le Figaro : "Copé sera meilleur capitaine qu'il n'a été lieutenant".
  • Christian Estrosi : membre de l'association des amis de Nicolas Sarkozy, l'ancien ministre devrait soutenir M. Copé, tout comme Nadine Morano et Brice Hortefeux.
  • Roger Karoutchi : l'ancien ministre a déclaré dans un entretien au Figaro : "Je souhaite que Jean-François Copé soit candidat".
  • Dominique de Villepin : selon les informations du Figaro du samedi 7 juillet, l'ex Premier ministre de Jacques Chirac devrait soutenir M. Copé. Un choix qui s'impose "naturellement", aurait-il affirmé à l'un de ses anciens collaborateurs.

Alain Juppé

Le maire de Bordeaux fait "une proposition alternative". Sur Europe 1, il a déclaré qu'il n'ajouterait pas sa candidature si un match Copé-Fillon avait lieu. En revanche, en cas d'accord sur une "équipe collégiale", il serait prêt à prendre sa tête et à "être candidat".

  • Bernard Accoyer : l'ancien président UMP de l'Assemblée nationale serait prêt à le soutenir pour éviter "un affrontement binaire qui va évidemment déboucher sur une division par deux, en deux camps différents qui vont s'affronter dans les fédérations", a-t-il affirmé dans un entretien au Talk Orange-Le Figaro.
  • Benoist Apparu : l'ex-ministre a affirmé à l'AFP qu'il trouverait dommage qu'on rejette l'option d'un "président désintéressé pour lui-même" à la tête de l'UMP.

Les indépendants

Ces électrons libres ont tous en tête l'élection présidentielle de 2017.

  • Nathalie Kosciusko-Morizet : "si mes idées n'étaient pas reprises, je ne m'interdirais pas de les porter devant les militants", a affirmé l'ex porte-parole de Nicolas Sarkozy après avoir critiqué la stratégie droitière de Patrick Buisson. Mais NKM, plus proche de M. Fillon que de M. Copé, a annoncé qu'elle prendrait sa décision après la tournée des fédérations UMP en juillet.
  • François Baroin et Bruno Le Maire : anciens membres de la bande des Mousquetaires formée avec M. Copé, ils n'ont pas encore dévoilé leur préférence. M. Le Maire a menacé de se présenter. M. Baroin reste pour l'instant muet.
  • Xavier Bertrand : l'ancien ministre, qui s'est fait battre par M. Jacob, un proche de Copé, pour la présidence du groupe UMP à l'Assemblée, semblait rouler pour M. Fillon. Pourtant, interrogé sur l'alternative proposée par M. Juppé, il a récemment affirmé dans Les Echos : "il y a nécessité de casques bleus", allusion à la guerre Copé-Fillon. Alors candidat ou pas ? "Je ferai part de ma position à la fin de l'été, après avoir réuni mes amis et en avoir discuté avec eux", a-t-il déclaré.

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