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Eva Joly peine à s’inscrire du côté des paysans au salon de l’agriculture

La candidate EELV Eva Joly s’est rendue jeudi 1er mars, en fin d’après-midi, au salon de l’agriculture à Paris, accompagnée de son porte-parole José Bové et du sénateur de l’Essonne Jean-Vincent Placé. Une visite en terrain "hostile".
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Eva Joly et José Bové au salon de l'agriculture à Paris le 1er mars (MARTIN BUREAU / AFP)

La candidate EELV Eva Joly s'est rendue jeudi 1er mars, en fin d'après-midi, au salon de l'agriculture à Paris, accompagnée de son porte-parole José Bové et du sénateur de l'Essonne Jean-Vincent Placé. Une visite en terrain "hostile".

Créditée de seulement 3 % d'intentions de vote parmi les agriculteurs selon un récent sondage Ifop, la candidate d'Europe Ecologie - Les Verts, Eva Joly, s'est rendue jeudi pour la troisième fois au salon de l'agriculture.

Une visite difficile pour l'ancienne magistrate, alors que l'incompréhension règne souvent entre les agriculteurs, qui ne s'interdisent pas de recourir à des produits chimiques, et les écologistes, considérés parfois par ces derniers comme "les ennemis du monde agricole".

Méconnaissance

Sur place, l'accueil est donc mitigé. "Ce n'est pas un public conquis, concède son conseiller politique, Patrick Farbiaz. Mais au moins il y a un vrai débat."

Au porte-parole de la députée européenne, José Bové, de réaliser la synthèse. Ce dernier tente ainsi de rallier un agriculteur souffrant de la présence du loup dans les montagnes, sans parvenir à se faire entendre sur la notion de "priorité donnée à l'homme". "Il faut réguler", concluent les deux ruraux, beaux joueurs.

Mais dans le public, la popularité de celle qui ne doute pas de sa candidature en raison de "l'enthousiasme" qu'elle rencontre dans ses "meetings" est tout de même mise à l'épreuve. "Les gens sont curieux, ils ont envie de partager", veut croire Eva Joly.

Mais rares sont ceux qui connaissent son nom. "Ah tiens, c'est la blonde là", remarque un visiteur. "C'est la magistrate", lui répond-on. Un autre est plus vindicatif et insulte l'écologiste et son accent.

Elément de langage

C'est donc à l'ancien syndicaliste de la Confédération paysanne, José Bové, de lui porter caution. "Le débat n'est pas de la même nature qu'avant, analyse-t-il. La crise a permis une prise de conscience."

"40 % de la production agricole en Europe part à la décharge, fulmine-t-il encore. C'est faramineux !"

L'équipe EELV en appelle donc à une agriculture moins intensive, basée sur la production locale. "Les premiers des écologistes sont les paysans", rappelle l'équipe d'Eva Joly dans un communiqué.

La candidate à l'élection présidentielle propose donc "un nouveau pacte entre les agriculteurs et la société" qui permettrait d'afficher sur les produits les prix payés au producteur et le prix payé au distributeur.

Eva Joly souhaite réorienter le budget de la PAC et en changer les critères. Selon la candidate, les aides devraient être distribuées en tenant compte "de la création d'emploi, de la conversion vers le bio et d'une diminution de l'utilisation des pesticides".

Du reste, Eva Joly dénonce "l'absurdité du modèle". "Le modèle que les agriculteurs ont porté avec l'usage des pesticides a montré ses limites", affirme-t-elle.

Un élément de langage employé par le sénateur de l'Essonne, Jean-Vincent Placé. Celui-ci estime ainsi que "la question centrale est celle du productivisme qui a montré ses limites". "On doit faire preuve de pédagogie pour expliquer qu'il y a un équilibre à trouver entre l'environnement et l'agriculture, sans stigmatiser les paysans", ajoute-t-il.

En fin de visite, l'équipe d'Eva Joly devait rencontrer les syndicalistes de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Une structure essentiellement à droite.

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