Enquête du parquet de Paris après une plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart

A la suite d'une plainte de Nicolas Sarkozy, la justice a ouvert lundi une enquête pour "faux et usage de faux" contre Mediapart, après la publication d'une note disant que la Libye aurait été prête à financer la campagne du candidat UMP en 2007.

Nicolas Sarkozy va porter plainte contre Mediapart.
Nicolas Sarkozy va porter plainte contre Mediapart. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

A la suite d'une plainte de Nicolas Sarkozy, la justice a ouvert lundi une enquête pour "faux et usage de faux" contre Mediapart, après la publication d'une note disant que la Libye aurait été prête à financer la campagne du candidat UMP en 2007.

Ultime rebondissement dans l'affaire qui met en cause le président-candidat.

Comme il l'avait annoncé dans la matinée sur France 2, Nicolas Sarkozy a porté plainte contre Médiapart lundi 30 avril et le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "faux et usage de faux" et "publication de fausses nouvelles".

La plainte vise le site d'information Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske. Mediapart avait publié samedi un document attribué à un ex-dignitaire libyen affirmant que le régime de Mouammar Kadhafi avait accepté en 2006 de financer à hauteur de "50 millions d'euros" la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Une plainte avant la fin de la campagne

Après avoir dénoncé une "infamie" dimanche 29 avril, M.Sarkozy avait annoncé lundi matin sur France 2 qu'il allait porter plainte contre le site d'information Mediapart pour avoir publié un document qu'il a qualifié de "faux grossier".

"Nous déposerons plainte contre Mediapart", avait-il affirmé, avant d'ajouter : 'Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti".

"On ne va pas laisser la place à des comportements comme ça", a déclaré M. Sarkozy aux 4 Vérités, qualifiant une nouvelle fois Mediapart d'"officine".

Hollande : "la justice doit être saisie."

De son côté, François Hollande, invité sur Europe 1, a estimé lundi que "c'est à la justice d'être saisie" au sujet du document publié par Mediapart.

"Si c'est un faux eh bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a affirmé le candidat socialiste.

Il a par ailleurs nié tout lien entre lui et ce site qualifié par le Premier ministre François Fillon "d'officine financée par de riches amis" de M. Hollande. "Ce site est un site d'investigation, d'informations, c'est arrivé qu'il accable quelquefois des personnalités de gauche", a-t-il fait valoir.

"On peut les aimer ou ne pas les aimer mais ce sont des journalistes qui ont sur plusieurs affaires démontré leur compétence", a aussi affirmé le député de Corrèze.

"Vrai" ou "faux" ?

Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye qui vit en exil à Doha, a qualifié dimanche de faux la note révélée par le site français. "Toutes ces histoires sont falsifiées", a déclaré M. Koussa, interrogé par l'AFP sur la note publiée samedi par Mediapart.

Le document affirmant que le régime de Mouammar Kadhafi avait accepté dès 2006 de financer à hauteur de "50 millions d'euros" la campagne de Nicolas Sarkozy, porte la signature de M. Koussa.

De son côté, Bachir Saleh, ex-président du Fonds Libyen des investissements africains, destinataire supposé de la note citée par Mediapart, a démenti dimanche "avoir été jamais destinataire d'un tel document".

Selon une déclaration de son avocat, Me Pierre Haïk, l'ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve en France, "émet au préalable les plus expresses réserves sur l'authenticité de la note publiée par Mediapart et opportunément présentée comme constituant la preuve d'un financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy".