En meeting à Bordeaux, Eva Joly a cherché le déclic qui ferait mentir les sondages

En meeting mercredi 28 mars à Talence, près de Bordeaux, la candidate d'Europe Ecologie - Les Verts à l'élection présidentielle Eva Joly a appelé ses militants à se mobiliser avant le scrutin pour peser sur la gauche, en cas de victoire socialiste.

Eva Joly lors de son meeting à Talence près de Bordeaux le 28 mars
Eva Joly lors de son meeting à Talence près de Bordeaux le 28 mars (PIERRE ANDRIEU / AFP)

En meeting mercredi 28 mars à Talence, près de Bordeaux, la candidate d'Europe Ecologie - Les Verts à l'élection présidentielle Eva Joly a appelé ses militants à se mobiliser avant le scrutin pour peser sur la gauche, en cas de victoire socialiste.

Eva Joly a négocié le dernier virage de la campagne. Et désormais l'objectif est clair pour les écologistes réunis en meeting à Bordeaux mercredi soir : peser sur les choix d'une majorité de gauche, dans l'hypothèse d'une victoire du candidat socialiste François Hollande.

"Il ne faut pas se réveiller avec la gueule de bois en 2013, parce qu'il n'y aura pas d'écologistes au gouvernement", a lancé le député européen Yannick Jadot en ouverture.

Dans cette optique, l'heure est à la dénonciation du modèle productiviste porté, selon Eva Joly, tout autant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande. "Je dénonce l'obsession de la croissance, a-t-elle lancé. La social-démocratie a épuisé ses idées quand elle ne les a pas trahies. Les libéraux ont abdiqué devant la finance quand elle est devenue folle. Voilà pourquoi les écologistes ont une mission historique".

"A tous ceux qui vous diront qu'Eva Joly a raison, mais qu'elle n'est pas très bonne, répondez leur que le temps de la vérité et du courage est venu", a ajouté l'ancienne magistrate, devant environ un millier de militants qui semblaient attendre un déclic.

Pour autant, la candidate écologiste n'a pas réussi à renverser la tendance. "Je sais bien que j'ai ma part de responsabilité si j'ai peu d'échos dans cette campagne, a-t-elle expliqué. Je préfère faire des petits pas en avant plutôt que de faire de grands gestes".

"Je suis la voix de la raison", a défendu celle qui a fait de son parcours en tant que juge d'instruction l'un de ses arguments de campagne.

Noël Mamère en renfort

Auparavant, le maire de la commune limitrophe de Bègles, Noël Mamère, a fait son mea culpa : "Je dois plaider coupable", a-t-il concédé, reconnaissant un moment de "découragement". Une manière pour lui d'afficher l'unité du parti avant le scrutin. "J'ai dit une bêtise", s'est excusé l'ancien candidat à la présidentielle.

Noël Mamère a tenté d'égratigner au passage le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon qui, depuis deux semaines, tente de grapiller des voix aux écologistes. "C'est un excellent tribun, a-t-il déclaré. Mais nous ne voulons pas d'une République jacobine, nous voulons une République fédérale qui accepte les langues minoritaires".

Celui qui a célébré un mariage gay dans sa commune en 2004 est donc revenu aux fondamentaux des écologistes. "Chaque fois que l'environnement est menacé, nous devons désobéir, comme l'a fait, en son temps David Henry Thoreau, a-t-il affirmé. Nous savons très bien qu'Eva Joly ne sera pas au deuxième tour. Est-ce que l'écologie politique doit disparaître pour autant ? Nous allons sortir du statut de lanceurs d'alertes pour pouvoir peser sur la politique".

De son côté, Cécile Duflot a assumé son rôle de "coccinelle" de la candidate, se prenant au "combat de coqs" et au "jeu télévisé" que représente, selon elle, l'élection présidentielle. "Nous ne voulons pas de ces formes de joutes", a-t-elle souligné.

Néanmoins, Eva Joly n'a pas réussi à provoquer la ferveur qui pourrait lui permettre de mettre les sondages en porte-à-faux. Les militants, eux, espèrent encore atteindre les 5 % lors du premier tour.

Le reportage de Stéphane Dépinoy de France 2