VIDEO. Cheminée, sous-titres ou pupitre... Comment chaque président a imposé son style pour ses premiers vœux

Alors qu'Emmanuel Macron va prononcer ses premiers vœux télévisés de son quinquennat, franceinfo a fouillé les archives pour retrouver ceux de ses prédécesseurs. 

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FRANCEINFO

Cheminée ? Petites notes ? Intervention en direct ? Chaque président de la Ve République a imprimé son style lors de ses premiers vœux télévisés adressés à la nation. Alors qu'Emmanuel Macron doit prononcer les siens, dimanche 31 décembre 2017, franceinfo s'est plongé dans les archives pour relever les choix de chacun.

1960 : De Gaulle inaugure l'exercice

C'est le général de Gaulle qui inaugure l'exercice en 1960. Face caméra, assis à son bureau de l'Elysée, avec seulement quelques notes et deux micros devant lui, le président adresse un message de paix aux Français, alors que quelques jours plus tard, ils doivent se prononcer lors d'un référendum sur l’autodétermination de l’Algérie. "Que 1961 soit l'année de la paix rétablie, afin que les populations décident de leur destin", lance-t-il.

1969 : Pompidou appelle au calme

Après une année 1968 agitée par des manifestations et des grèves sans précédent au printemps, Georges Pompidou mise sur un message court – un peu plus de trois minutes – mais au message clair : le retour au calme. "Je souhaite que 1970 soit l'année du renouveau, après les épreuves subies, les périls surmontés, martèle-t-il. Que notre pays puisse reprendre dans le calme son effort vers le progrès, le bien-être, la justice. L'avenir appartient aux peuples patients."

1974 : Giscard veut dépoussiérer les vœux

Il est le plus jeune président élu et il veut que cela se voit. Pour ses premiers vœux, Valéry Giscard d'Estaing veut moderniser l'exercice. Exit la table, le plan fixe et les notes. Après l'allegro de Mozart, on le découvre assis dans un fauteuil, près d'un feu de cheminée qui crépite. "Pendant les quelques minutes où je vais vous parler, je ne vais pas vous ennuyer, ni vous attrister", débute le chef de l'Etat. Mais rapidement, force est de constater, le discours a plus tendance à endormir qu'à stimuler. Au terme de dix minutes de monologue, il finit par lancer un "adieu donc 1974, et salut à toi, 1975" resté célèbre.

1981 : Mitterrand tire un premier bilan

François Mitterrand choisit pour ses premiers vœux de repasser derrière le bureau présidentiel. Mais, nouveauté, il introduit, en ce 31 décembre 1981, les sous-titres pour les sourds et malentendants. Une "innovation" depuis conservée. Plutôt que de se projetter, le premier président socialiste de la Ve République choisit de lister tous les engagements qu'il a déjà tenu avec son gouvernement. Et il prévient : "1982 ne répondra à nos espoirs que si nous faisons reculer le chômage et l'inflation."

1995 : Chirac veut continuer à "réformer"

Comme Pompidou, Jacques Chirac a vécu une première année de septennat agitée. La France s'est retrouvée à l'arrêt plus de trois semaines après un mouvement de grève et des manifestations contre le "plan Juppé" pour réformer le régime de retraites et la Sécurité sociale. Pour autant, pas question de reculer davantage. Son gouvernement va continuer "les réformes". "Nous sommes au début du chemin, mais nous sommes sur le bon chemin", conclut-il. 

2007 : Sarkozy parle en direct

Le bureau est là, tout comme l'horloge sur la cheminée. Mais cette fois-ci, "rupture" oblige, Nicolas Sarkozy choisit de s'exprimer en direct de l'Elysée, à 20 heures. Au-delà de la forme, le nouveau président veut continuer à aller vite. "Notre pays a trop attendu, le temps presse si nous voulons rester maîtres de nos destins", lance-t-il, soulignant "l'urgence des réformes qui attendent depuis vingt ou trente ans". "Je ne vous tromperai pas, je ne vous trahirai pas. Je vous dois toute la vérité, je ne m'autoriserai aucune hypocrisie", assure le nouveau locataire de l'Elysée. 

2012 : Hollande fait une promesse phare

Des vœux et une promesse. Le 31 décembre 2012, François Hollande fait le pari du pupitre devant une fenêtre donnant sur les jardins de l'Elysée. Le chef de l'Etat met l'accent sur l'emploi. "Toutes nos forces seront tendues vers un seul but : inverser la courbe du chômage d'ici un an. Nous devrons y parvenir coûte que coûte", prévient-il. "Ce cap sera tenu. Contre vents et marées. Je n'en dévierai pas. Non par obstination, mais par conviction." L'avenir ne lui donnera pas raison.

Jacques Chirac lors des ses premiers vœux de président, le 31 décembre 1995. 
Jacques Chirac lors des ses premiers vœux de président, le 31 décembre 1995.  (AFP / FRANCEINFO)