Nouvelle-Calédonie : la bataille de la terre

Emmanuel Macron sera demain, jeudi 3 avril, en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l'indépendance ; il se rendra sur l'île d'Ouvéa, pour honorer les morts des événements de mai 1988, et saluer les efforts de réconciliation engagés depuis. Parmi eux, le partage des terres.

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C'est une propriété immense acquise il y a 5 générations, par la famille de Louis Ballande, l'une des plus grandes fortunes de la Nouvelle-Calédonie : 900 hectares de terres agricoles. Tout a commencé à la fin du XIXe siècle : à cette époque, l'État repousse les tribus kanakes dans des réserves, et distribue les terres spoliées aux colons, pour développer l'agriculture.

À l'origine, un patrimoine de 7 000 hectares, réparti sur cinq propriétés

L'ancêtre de Monsieur Ballande va se constituer peu à peu un patrimoine de 7 000 hectares, réparti sur cinq propriétés, comme celle-ci. Mais dans les années 80, la revendication kanake pour l'indépendance prend de l'ampleur. Les tribus veulent récupérer leurs terres, notamment dans le nord de l'île. La famille Ballande doit se séparer d'une magnifique propriété d'élevage de 1 600 hectares. Comme eux, de nombreux agriculteurs caldoches vivant dans la campagne vendent alors leurs terres à l'État français qui les rend aux clans kanaks. En 40 ans, cette réforme foncière a coûté 50 millions d'euros à l'État.

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Le centre culturel Tjibaou, à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
Le centre culturel Tjibaou, à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. (GETTY IMAGES)