"L'État nous méprise" : des dizaines d'élus franciliens réunis à Paris contre la disparition des services publics

Face à la baisse continue des dotations et la disparition programmée de la taxe d'habitation, ces maires, de gauche comme de droite, se sentent abandonnés par l'État.

Des dizaines d\'élus franciliens réunis à Paris, le 10 novembre 2018, pour protester contre la disparition des services publics.
Des dizaines d'élus franciliens réunis à Paris, le 10 novembre 2018, pour protester contre la disparition des services publics. (Hugo Charpentier / Radio France)

Des dizaines d'élus franciliens ont manifesté samedi 10 novembre près de l'Assemblée nationale à Paris contre la disparition des services publics, relate France Bleu Paris. "L'État nous méprise, nous avons ce sentiment qu'ils ne comprennent pas ce que nous faisons et ça ne leur semble pas important", a expliqué Philippe Laurent, maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), à un journaliste de France Bleu Paris.

L'élu fait partie de ces maires, de gauche comme de droite, qui, face à la baisse continue des dotations et la disparition programmée de la taxe d'habitation, se sentent abandonnés par l'État.

Dans ma commune, on avait dix millions d'euros de dotations de l'État, on est passé à cinq millions d'euros et ça continue à baisser... Ça se fait au détriment de la qualité de vie de nos concitoyens au quotidienJean-Didier Berger, maire de Clamart (Hauts-de-Seine)à France Bleu Paris

De son côté, Laurent Russier, le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a vu sa dotation diminuer en quelques années de 25 millions d'euros, l'équivalent de 10% du budget annuel. "25 millions d'euros, c'est le coût d'un groupe scolaire, ce serait un groupe scolaire de plus que l'on pourrait construire, ou justement, à côté, investir dans d'autres choses indispensables pour nos habitants", déplore l'élu.

"Depuis qu'Emmanuel Macron a été élu président de la République, son gouvernement est en train, en permanence de [nous] mettre sous contrainte, sous pression, et finalement, d'enlever du pouvoir aux collectivités locales. Il faudrait qu'à un moment ou à un autre, il [Emmanuel Macron] enlève ses oeillères. La colère n'est jamais bonne conseillère au final !", a ajouté Laurent Russier.