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Horaire, thèmes, coût... Le mode d'emploi de la réunion du Congrès par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron monte lundi à la tribune du Congrès, dans le château de Versailles, pour s'adresser aux députés et aux sénateurs. Dans une allocution qui doit durer environ une heure, il évoquera les grands enjeux de son mandat. Franceinfo vous en dit plus. 

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Le 16 novembre 2015, François Hollande s'était exprimé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. (MAXPPP)

C'est "le vrai coup d'envoi du quinquennat" pour l'Elysée. Emmanuel Macron montera à la tribune du Congrès, à l'intérieur du château de Versailles, lundi 3 juillet. Le président de la République détaillera durant environ une heure les priorités de son quinquennat aux députés et aux sénateurs réunis pour l'occasion, à la veille du discours de politique générale du Premier ministre, Edouard Philippe, à l'Assemblée nationale.

>> Regardez le discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès en direct à partir de 15 heures

Cette convocation ne fait pas l'unanimité : certains députés, dont ceux de La France insoumise, ont décidé de boycotter ce rassemblement. Franceinfo vous explique ce qu'il faut savoir sur le sujet.

Qui a convoqué le Congrès ?

Le Congrès, réunion des élus de l'Assemblée nationale et du Sénat, peut se réunir dans trois cas : lors d'une révision de la Constitution, pour autoriser l'adhésion d'un Etat à l'Union européenne et dans le cas d'une déclaration du président de la République. C'est Nicolas Sarkozy qui a remis cette pratique, obligatoire sous la IIe République, au goût du jour en 2008 en faisant modifier la Constitution.

Emmanuel Macron a utilisé cette dernière possibilité, qui prévoit que le président "peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès" : "Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote." Après son discours, les groupes politiques représentés au Congrès interviendront pendant dix minutes après son départ de la salle. Selon l'entourage du président, cette adresse aux parlementaires a vocation à devenir un "rituel" annuel, "conformément à un engagement de campagne".

Quand et où le discours va-t-il avoir lieu ?

C'est dans une salle du prestigieux château de Versailles, fermée au public que le Congrès se réunira. L'auditoire rouge et or a été construit en 1875 dans l'aile du Midi, où logeaient avant la Révolution les enfants du couple royal. Pendant des décennies, elle sert aux deux Chambres à procéder à l'élection du chef de l'Etat. C'est cette même salle qui est aujourd'hui utilisée sous la Ve République.

L'allocution d'Emmanuel Macron, prévue à 15 heures lundi, durera environ une heure. Elle sera précédée d'un déjeuner au château de Versailles avec les présidents des deux Assemblées, Gérard Larcher et François de Rugy, et leurs vice-présidents, ainsi que les patrons des différents groupes politiques représentés au Parlement. Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise et Christian Jacob et Bruno Retailleau, président des groupes LR à l'Assemblée et au Sénat, ont décliné l'invitation, selon RTL.

Que va dire Emmanuel Macron ?

Pour l'Elysée, ce rassemblement est "l'occasion [pour le président] de livrer sa vision du mandat qui s'ouvre, d'évoquer son action, les défis qu'il entend relever, mais aussi sa lecture des institutions". Cette allocution intervient à la veille du discours de politique générale prononcé devant les députés par le Premier ministre, Edouard Philippe.

Selon Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, les deux discours seront complémentaires. Au président, "les grandes orientations", au Premier ministre, leur "mise en œuvre", a-t-il résumé à l'AFP en évoquant un "discours sur l’état de l’Union", inspiré par ceux du président américain.

Sur le fond, l'Elysée ménage encore le suspense. "Comme il ne s'agit pas d'une déclaration de politique générale, le cœur de son discours ne peut pas être la réforme du travail", a tout juste glissé l'entourage du président à l'AFP. L'évolution des institutions pourrait, en revanche, représenter un "élément important" du propos présidentiel.

Qui assistera aux discours ?

Tous les députés et les sénateurs sont conviés, mais certains élus ne répondront pas à l'invitation du président. C'est le cas notamment du groupe de La France insoumise. Le député François Ruffin, cité par France 3 Hauts-de-France, a expliqué qu'il n'avait “pas envie d'écouter le nouveau Roi-Soleil à Versailles” et préférait rester dans la Somme pour rencontrer des parents d'enfants handicapés. Sur franceinfo, le député "insoumis" du Nord Adrien Quatennens a indiqué avoir jusqu'à 17 heures lundi "pour déposer les amendements sur la réforme du Code du travail" et se dit "amusé" que le président de la République "convoque le Congrès à un moment qui correspond à la date butoir".

Les députés du Parti communiste ont eux aussi fait le choix de ne pas aller au Congrès. Ils ont même appelé dans un communiqué à un rassemblement à Versailles de lutte contre ce qu'ils qualifient de "dérive monarchique" du président. La sénatrice écologiste du Val-de-Marne Esther Benbassa boudera également le rassemblement, tout comme l'ex-frondeur socialiste Régis Juanico.

De l'autre côté de l'échiquier politique, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde a lui aussi décidé de ne pas se rendre au Congrès qu'il juge "coûteux" et "inutile". Le député UDI Philippe Vigier ne sera pas présent non plus.

Les membres du parti Les Républicains se rendront, eux, au Congrès. "Nous sommes des républicains, le président de la République convoque le Congrès, nous sommes parlementaires, nous nous rendons effectivement au Congrès", a affirmé leur chef de file, Christian Jacob, dans une interview à France 2 vendredi. Le Front national sera également présent.

Combien ça coûte ?

L'organisation d'un tel Congrès a un coût : entre 200 000 et 600 000 euros, selon le magazine Paris Match. La Croix rapporte que la réunion organisée en 2009 par Nicolas Sarkozy avait coûté "approximativement" 400 000 euros. "Si le discours de Nicolas Sarkozy dure 50 minutes, il en coûtera près de 5 000 euros la minute", avait alors ironisé Robert Badinter. Parmi les postes de dépenses, le journal cite la rémunération du personnel – estimée à 12 000 euros lors du Congrès convoqué par François Hollande après les attentats de Paris –, la captation vidéo de la séance et les dispositifs de sécurité.

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