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Affaire Benalla : "On demande une clarification pour ne plus avoir ce type d'individu dans les maintiens de l'ordre"

"Il faut lever les confusions, et j'espère qu'on en tirera les conclusions", a demandé lundi 23 juillet sur franceinfo Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police. "Il y a des policiers et des gendarmes, ne les mélangeons pas avec des gens qui sont issus de la sécurité privée."

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Radio France
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 Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des officiers de police, le 12 avril 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Alors que les auditions se succèdent depuis lundi 23 juillet devant la commission d'enquête parlementaire à l'Assemblée nationale - Gérard Collomb le matin, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, l'après-midi et Alain Gibelin, directeur de l'ordre public et de la circulation à la préfecture de Paris - la question de la présence d'Alexandre Benalla le 1er mai dernier place de la Contrescarpe à Paris continue de poser question. "On demande une clarification pour ne plus avoir ce type d'individu dans les maintiens de l'ordre", a déclaré Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police, lundi sur franceinfo.

franceinfo : Que désigne le "copinage" évoqué par Michel Delpuech lundi après-midi devant la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale ?

Jean-Marc Bailleul : Il parle clairement du lien qui existe a priori entre M. Benalla et deux commissaires de police ainsi qu'un officier qui ont été suspendus il y a deux jours. Ce qui me gêne dans cette expression, c'est que cette histoire de vidéo transmise à M. Benalla n'est que le résultat des actes de M. Benalla. A priori, ce que l'enquête révèle, c'est que ces images de vidéosurveillance ont été transmises à M. Benalla à sa demande, auprès de personnes qu'il croisait régulièrement dans le cadre de ses fonctions, avec cette étiquette de conseiller, d'adjoint au cabinet du président de la République, dont on peut imaginer qu'elle influence de façon directe ou indirecte.

Le grand perdant dans cette affaire pour le moment, n'est-ce pas la police nationale, reléguée au rang d'exécutant des bons vouloirs de l'Elysée ?

La police et la gendarmerie, à mon avis ne sortiront pas grandis de cette histoire-là. Cela met en avant la réserve de la gendarmerie qui finalement donne à des gens sans forcément beaucoup d'expérience - M. Benalla n'a que 26 ans - un titre de lieutenant-colonel. On sait tous ce que ce grade signifie, même s'il n'est qu'honorifique. Il pouvait s'en prévaloir, comme certains le font sur la voie publique lors de contrôles. Cela pose la question de l'identification d'une personnalité comme celle-là. Les CRS, à partir du moment où ils savaient que c'était un représentant de l'Élysée, ce n'est pas simple, on est dans quelque chose de très hiérarchisé et on ne sait pas forcément trop comment faire. On demande une clarification de manière à ne plus avoir ce type d'individus dans les maintiens de l'ordre.

Quelles seront les conséquences sur la préfecture de police évoquées par le préfet ?

Il faut clarifier le positionnement de tous. On a un officier qui avait son bureau à l'Élysée, alors qu'il y a un service qui s'appelle le GSPR [Groupe de sécurité de la présidence de la République]. Il faut lever les confusions, et j'espère qu'on en tirera les conclusions qu'il ne faut pas mélanger les genres dans des services de sécurité privés opérationnels du président de la République ou d'instances importantes. Il y a des policiers et des gendarmes, ne les mélangeons pas avec des gens qui sont issus de la sécurité privée. À chacun sa place !

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