Le remplacement de la prime de rentrée par le Sénat "est scandaleux", dénonce la députée EELV Sandrine Rousseau

Les sénateurs ont voté mardi le remplacement de l'aide exceptionnelle de rentrée pour les bénéficiaires des minimas sociaux par une majoration exceptionnelle de 150 euros pour ceux qui touchent la prime d’activité.

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Sandrine Rousseau, députée EELV, était l'invitée de la matinale de France Inter, mercredi 3 juin 2022. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"C'est scandaleux", réagit Sandrine Rousseau, députée Europe Écologie-Les Verts (EELV), mercredi 3 août sur France Inter, concernant l'amendement voté par le Sénat sur la prime de rentrée. Cette disposition vise à remplacer "l'aide exceptionnelle de rentrée" de 100 euros réservée aux Français bénéficiant de minima sociaux par une majoration exceptionnelle de 150 euros pour les seuls bénéficiaires de la prime d'activité, qui ont donc une activité professionnelle.

"Les Républicains se sont lancés dans une espèce de chasse aux pauvres qui est indigne", s'alarme Sandrine Rousseau, rejetant l'argument selon lequel la droite défendrait la revalorisation du pouvoir d'achat par le travail. Selon elle, c'est avant tout une façon "de faire des économies sur le dos des pauvres" tout en "leur donnant des leçons de morale sur la manière dont ils devraient se comporter".

Des discours "paternalistes et infantilisants"

"Cela signifie, en arrière-plan que les personnes qui ont le RSA ne voudraient pas travailler alors que la plupart d'entre elles subissent cette situation", ajoute-t-elle. La députée écologiste dénonce "l'idée de droite", "l'idée libérale", selon laquelle les bénéficiaires du RSA "seraient des personnes fainéantes", alors que, selon elle, "c'est très différent de la réalité". "C'est scandaleux", répète l'élue, pointant du doigt certains discours "paternalistes et infantilisants" vis-à-vis des personnes les plus pauvres et le "mépris social" de la majorité et de l'opposition de droite.

Avec ce projet de loi dit pour le pouvoir d'achat, Sandrine Rousseau craint "que les personnes pauvres soient encore plus pauvres". "On a des primes mais ce sont des primes qui ne concernent, au mieux, que 10% des salariés", constate la députée EELV, qualifiant "de miettes" le contenu du texte. Selon elle, "on est très en deçà de ce qu'il faudrait pour augmenter le pouvoir d'achat". "Il y a un déni grave, criminel, dans la majorité, qui est d'imaginer que la situation va redevenir comme elle était avant, ce n'est pas transitoire, l'inflation sur les matières premières va s'installer", conclut Sandrine Rousseau.

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