Droit de vote des étrangers : Nicolas Sarkozy n’y est plus favorable

Le président Nicolas Sarkozy s'est prononcé contre le droit de vote des étrangers, critiquant l'initiative du Sénat, dont la nouvelle majorité de gauche propose de l'instaurer pour les municipales. Une position qui n’a pourtant pas toujours été la sienne.

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"Une telle proposition me semble hasardeuse […] parce qu'elle
risque de diviser profondément les Français au moment où, plus que jamais, nous
avons besoin de les rassembler
". C’est en ces termes que le président de
la République a balayé d’une phrase hier, à
l'occasion d'un discours devant les maires de France, une proposition de loi socialiste que
le Sénat doit examiner en décembre et qui vise à étendre le droit
de vote aux étrangers
hors-UE pour les élections municipales (aujourd'hui, seuls les citoyens de l'UE résidant
en France peuvent  participer aux élections
municipales et européennes). 

Volte-face

Une position qui relance
la polémique sur le sujet. Le groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) à
l'Assemblée rappelle dans un communiqué qu'en 2005, Nicolas Sarkozy avait
estimé dans une interview qu’il ne serait "pas anormal qu’un étranger en
situation régulière qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins 10
ans en France, puisse voter aux élections municipales
".

Ou recette électoraliste ?

Le Front national
est également monté au créneau, sa présidente Marine Le Pen jugeant
"hasardeuses " les convictions du président. "C'est toujours au
gré des stratégies électorales et des sondages que Sarkozy se détermine
", a-t-elle
encore fustigé dans un communiqué. Une stratégie électoraliste dénoncée aussi
par l’UMP mais visant cette fois-ci le parti socialiste. "Le droit de vote
des étrangers
est, depuis les 110 propositions de François Mitterrand en 1981, une vieille recette
électoraliste socialiste
", a ainsi réagi le secrétaire national de l'UMP
Bruno Beschizza.