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[Diapo] La prise de la Bastille par Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars : 10 arrêts sur images

Combien étaient-ils dimanche "à prendre la Bastille" à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, sous un ciel incertain ? Des dizaines de milliers formant un long cortège. Arrêt sur images et sur plusieurs sympathisants, dont le chanteur Ridan.
Article rédigé par Anne Brigaudeau
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
La place de la Bastille dimanche 18 mars pendant l'allocution de Mélenchon (AFP)

Combien étaient-ils dimanche "à prendre la Bastille" à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, sous un ciel incertain ? Des dizaines de milliers formant un long cortège. Arrêt sur images et sur plusieurs sympathisants, dont le chanteur Ridan.

"Vite, la 6e République !"

13h50. Place de la Nation. Le cortège prend forme, sous les cris moqueurs du vendeur de merguez : "il est bon mon halal, il est bon mon halal !"

Les organisateurs avaient mis à disposition de la foule des dizaines de pancartes : "Vite, la 6e République !", pour relayer le message central de cette "prise de la Bastille" voulue par Jean-Luc Mélenchon, ce 18 mars.

Les panneaux "vive la 6e République" en self-service au départ de la Nation (AB)

"Les Fralib" en tête de cortège

14h En tête du cortège, les "Fralib" focalisent l'attention des caméras. Sur 183 salariés, ils sont une cinquantaine à être venus de Gemenos, cette usine de thé Eléphant, près d'Aubagne, que veut fermer la multinationale Unilever.

Parmi eux, Marie-José Librati, 55 ans, mère de trois grand enfants et déjà grand-mère, rappelle qu'ils en sont au "543e jour de combat" et à ""la 3e procédure contre le plan de licenciement" : "Qu'est-ce qu'on va devenir ? On revient trop cher à Unilever par rapport à la Pologne. Ils veulent faire encore plus de bénéfices".

Marie-José Librati, Henri Soler, Chantal Vauclin (AB)

"Osez le féminisme" dans la manif

14h30 rue du Faubourg saint Antoine. Magali de Haas, 27 ans, distribue des tracts d'"Osez le féminisme" car l'association féministe interpelle "tous les candidats" et va à tous les meetings. Même à celui de Nicolas Sarkozy à Villepinte, où l'accueil a été des plus frais.

Et Jean-Luc Mélenchon ? "Il a compris que c'était une priorité", même s'il "est beaucoup dans l'idée que la lutte des classes va régler la domination masculine. On n'est pas d'accord".

Magali de Haas (AB)

L'hôpital Saint-Antoine en colère

14h45 rue du Faubourg Saint-Antoine Régine Linard, 53 ans, infirmière et responsable CGT à l'hôpital Saint-Antoine, dénonce par mégaphone "les suppressions de postes dans les hôpitaux publics. "

"Le 9 février, la maternité de l'hôpital Saint-Antoine, qui assurait 2500 accouchement par an, a fermé." nous explique-t-elle... "Seule 60% de l'activité a été reprise par les hôpitauxTenon et Trousseau. Mais pour l'IVG, c'est 20% à peine".

Elle dénonce encore, toujours à Saint-Antoine, la fermeture des lits de pneumologie. " Ca n'intéresse personne, parce que la pneumologie, c'est les pauvres".

Une infirmière de l'hôpital Saint-Antoine (AB)

"Si Mélenchon ne fait pas 15 à 20%, je vote blanc !"

15h, dans un café de la rue Saint-Antoine Prénom ? Disons "Arthur", 65 ans. Pourquoi manifestet-t-il ? Il cite Pierre Dac : "Il vaut mieux penser le changement que changer le pansement".

Ses motivations ? "J'ai travaillé pour le Crédit agricole, j'y suis entré en 1975, à l'époque où il finançait encore l'économie. Maintenant, c'est une banque internationale, une de celles qui a contribué à ruiner le peuple grec !"

"En Grèce, les socialistes ont donné le pouvoir aux technocrates européens. Je ne suis pas pour le changement, mais pour l'alternative. Plus le vote Mélenchon sera fort, plus Hollande va rester à gauche. Si Mélenchon ne fait pas 15 à 20%, je vote blanc !"

"Arthur", pause-sandwich pendant la manif (AB)

"Je n'ai pas envie de voter utile"

15h15, toujours dans la rue du Faubourg Saint-Antoine . Vanessa, 25 ans, se présente comme "secrétaire et contractuelle".

"Au niveau politique, je ne suis pas politisée", explique-t-elle. Mais elle juge Jean-Luc Mélenchon "pédagogue : il parle de la vie de tout le monde, du gagne-pain, de ce qu'on mange". Elle ajoute : "Je n'ai pas envie de voter utile". "Droite, gauche, les choses ne bougent pas". Elle place donc son "peu d'espoir" dans le candidat du Front de gauche.

Vanessa (AB)

"On veut changer le capitalisme pourri"

15h45 , tout près de La Bastille. Aurore et Maud, 18 ans, étudiantes parisiennes, distribuent "Avant-garde", "le "journal du Mouvement jeunes communistes".

"On veut changer le capitalisme pourri", proclame Aurore (keffieh bleue), qui milite depuis 4 ans aux jeunesses communistes. "On voit le monde se dégrader, un changement radical est nécessaire pour redonner de véritables droits aux peuples, aux jeunes dans la précarité".

Aurore et Maud, 18 ans, presque à La Bastille (AB)

Ridan soutient Mélenchon, "le seul" qu'il trouve "sincère"

16h50 à La Bastille Dans l'espace réservé à la presse et aux invités, le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, Pascal Boniface, n'est pas venu pour Jean-Luc Mélenchon, mais pour "son ami, le chanteur Ridan".

Ridan, qui a distribué à la Bastille 5000 CD (avec deux titres extraits de son futur album, "Madame La République"), soutient, lui, " Mélenchon, la seule personne où je trouve une sincérité ". Ces dernières années, c'était un peu tendu. On n'a jamais senti aussi peu de cohésion sociale, si peu de fraternité".

Le chanteur Ridan et le directeur de l'Iris Pascal Boniface (AB)

Mélenchon : "nous sommes le drapeau rouge !"

17h place de la Bastille Jean-Luc Mélenchon prononce enfin le discours attendu."Génie de la Bastille qui culmine sur cette place, nous voici de retour, le peuple des révolutions et des rébellions en France. Nous sommes le drapeau rouge! "Nous allons faire de cette élection une insurrection civique !'

Il promet la VIe République, une "constituante à parité", la nationalité française pour tous ceux qui naissent sur le sol français, le mariage homosexuel, le droit à choisir sa fin de vie... Il conclut par "Vive la sociale", juste avant que ne résonnent les premières notes de l'Internationale, puis de La Marseillaise.

Jean-Luc Mélenchon, place de la Bastille, le 18 mars (AFP/)

Avec son bonnet phrygien, Marianne écoute. Elle rendra son verdict le 22 avril.

Une Marianne au bonnet phrygien (AFP/)

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