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Des sénateurs UMP soupçonnés de détournement

Le Parquet de Paris vient d'ouvrir une information judiciaire sur de possibles détournements de fonds opérés au profit de sénateurs UMP. Le président du Sénat Jean-Pierre Bel, qui a réagi sur France Info, souligne que cette affaire "ne met pas en cause le Sénat".
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Radio France
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 (© Maxppp)

Les caisses du Sénat pourraient avoir été allégées de près de 400.000 euros en l’espace de deux ans. Une information judiciaire a été ouverte pour enquêter sur ces possibles détournements de fonds, effectués au profit de plusieurs sénateurs UMP. Le quotidien Le Parisien , qui a révélé l’information ce mardi, affirme qu’il s’agit de "faits de détournements de fonds publics, abus de confiance et blanchiment ".

L’instruction a été confiée au juge René Cross. Elle fait suite à une enquête préliminaire de plusieurs mois, menée par des  policiers de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA). C’est après un signalement de la cellule antiblanchiment Tracfin que les policiers de la BRDA ont été chargés d’enquêter sur cette affaire.

Le Sénat n’est pas mis en cause, d’après Jean-Pierre Bel

Jean-Pierre Bel, président du Sénat, a réagi à ces révélations au micro de France Info. Il tient à rester très prudent, les faits n'étant pas encore avérés, et souligne que l’affaire "ne met pas en cause le Sénat en tant que tel dans sa gestion budgétaire " :

 

 

 

Le Sénat n'est pas mis en cause, d'après Jean-Pierre Le Bel
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"Attaché à la transparence des fonds publics ", il se "réserve le droit de donner les suites qui se révéleraient nécessaires " à cette affaire, sans vouloir préciser lesquelles avant d'en savoir plus. 

Deux associations au coeur de l'affaire

D’après Le Parisien, deux associations de loi 1901 sont des acteurs principaux dans cette affaire : l'Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d'études sur les problèmes internationaux (Crespi). Des flux financiers suspects entre les comptes des deux associations ont été repérés par le service Tracfin, qui avait adressé, en juin 2012, un rapport au procureur de la République de Paris. Il s'agirait de plusieurs chèques pour un montant proche des 210 000 euros, et des retraits d'espèces de près de 113 000 euros.

Selon les premières investigations, l'URS a perçu des fonds de la part du groupe UMP du Sénat, versés par la questure de la chambre haute, avant de les rétrocéder à ses membres. Jean-Claude Carle, le sénateur UMP de Haute Savoie et trésorier du groupe, a été entendu par les enquêteurs en septembre dernier en tant que témoins, car protégé par son immunité parlementaire. Les enquêteurs cherchent vraisemblablement à comprendre la nature des liens entre le groupe UMP et les deux associations.

Le siège de l'association chez Henri de Raincourt

Le siège social de l'URS est au 34 rue de la République à Saint-Valérien dans l'Yonne. C'est l'adresse du domicile d'Henri de Raincourt, sénateur UMP, qui dit apprendre par la presse l'enquête en cours et ne pas croire un seul instant à des détournements de fonds :

 

Henri de Raincourt, sénateur UMP, ne croit pas à ces détournements
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Il explique que l'union républicaine du sénat sert à récupérer les crédits non utilisés par les sénateurs pour payer leurs assistants parlementaires et est reversé  ensuite au pot commun du groupe UMP. Des opérations légales, insiste-il.

D'après le Parisien, ces sommes auraient servi à rembourser des frais de relations publiques pendant plusieurs élections.

 

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