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Des militants de quartiers populaires interpellent les candidats à la présidentielle sur leurs préoccupations

Ils interpellent les candidats, demandent un "Grenelle des quartiers populaires" ou incitent les citoyens à voter : des militants associatifs et des élus de gauche veulent placer la question des quartiers sensibles au coeur de la présidentielle.
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le président d'"AC Le Feu" (Association Collectif Liberté Egalité Fraternité Ensemble Unis) Mohamed Mechmach et la porte-parole Fatima Hani le 21 décembre 2007 à Clichy-sous-Bois (AFP)

Ils interpellent les candidats, demandent un "Grenelle des quartiers populaires" ou incitent les citoyens à voter : des militants associatifs et des élus de gauche veulent placer la question des quartiers sensibles au coeur de la présidentielle.

Les militants associatifs des quartiers populaires se mobilisent pour que leur parole soit entendue par les candidats à l'élection présidentielle de 2012.

Mercredi, AC Le Feu a lancé une campagne d'inscription sur les listes électorales en banlieue parisienne à grand renfort de personnalités, Jamel Debbouze, Grand Corps Malade ou le rappeur La Fouine, tandis que la présidentielle sera au centre vendredi et samedi du 4e Forum social des quartiers populaires (FSQP), à Saint-Denis.

Une précédente campagne d'inscription sur les listes électorales à l'initiative de l'association, avant la présidentielle de 2007, avait provoqué "une véritable augmentation du taux de participation aux élections", relève la politologue Leyla Arslan, qui a collaboré à l'ouvrage "Banlieue de la République", sous l'égide de l'Institut Montaigne. Mais elle s'était "effondrée ensuite aux législatives, les électeurs étaient déçus", relativise-t-elle.

"Nous ne marcherons plus dans les calculs politiques à court terme", les "politiques de la ville annoncées en fanfare", "plans Marshall" ou "antiglandouille", prévient Nassurdine Haidari, élu socialiste de Marseille dans un "Appel des quartiers populaires" soutenu par une trentaine de personnalités. Inspiré de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, partie en 1983 de Marseille, cet appel a notamment été signé par les sociologues Alain Touraine et Jean Baubérot, l'ex-porte-parole des Verts Stéphane Pocrain.

Manifeste pour un grenelle des quartiers populaires

"C'est un cri d'angoisse face au malaise qui est le nôtre. L'égalité est en panne", juge M. Haidari qui demandera en décembre aux candidats de s'engager sur cinq mesures : "l'égalité réelle", le "contrôle au faciès", "la représentativité politique et diplomatique", "le logement" et "l'emploi".

Des élus de gauche de Seine-Saint-Denis et des militants associatifs exigent quant à eux la tenue d'un "Grenelle des quartiers populaires", dans un manifeste signé par près de 200 personnes. "La question des quartiers populaires reste périphérique et ne se traite que sous son aspect sécuritaire", déplore le manifeste, signé notamment par le député PS de la Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg, le maire PS de Bondy, Gilbert Roger, et le conseiller régional PS d'Ile-de-France Ali Soumaré.

"Nous voulons que cette idée de Grenelle soit reprise par tous les partis et qu'il y ait un vrai débat qui débouche sur des propositions concrètes, qui puissent ensuite être évaluées", explique Diaby Doucouré, un des auteurs du manifeste, membre de Génération engagée et directeur de l'office municipal pour la jeunesse d'Aubervilliers.

Les signataires de ce texte réclament notamment la nomination d'un ministre d'Etat en charge des banlieues et veulent "réserver des circonscriptions aux habitants des quartiers populaires afin que notre Assemblée nationale et notre Sénat soient à l'image de cette France plurielle."

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