"Dès 2007, l'Elysée commandait un sondage par mois sur l'élection de 2012"

Il a réussi à obtenir une décision de justice qui force l'Elysée à lui faire parvenir les sondages commandés par la présidence de la République depuis cinq ans. Raymond Avrillier, ancien élu écologiste, attend 264 sondages payés par 6,3 millions d'euros d'argent public. Il en a pour l'instant reçu la moitié et dénonce "irrégularités" et "ivresse sondagière".

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 "Dès 2007, il y a un sondage chaque mois sur les élections de 2012. On peut s'interroger sur le fait que ces sondages concernent plus un parti politique ou un candidat à la présidentielle qu'un président de la République ", commente Raymond Avrillier, ancien élu régional écologiste, connu pour avoir fait tomber l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon. L'un de ces sondages énumère différentes personnalités socialistes et interroge : "Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous qu'elle ferait un(e) bon(ne) candidat(e) à la présidentielle ?"

Quatre cartons de sondages

La dernière croisade de Raymond Avrillier commence en 2009, quand il saisit le tribunal administratif de Paris, en tant que simple citoyen, pour obtenir les conventions d'études et les factures des sondages que l'Elysée a fait réaliser de 2007 à 2009, au nom de la loi du 17 juillet 1978 qui favorise l'accès aux documents administratifs. C'est le 17 février dernier que le tribunal a accédé à sa demande et enjoint le présidence de la République à lui fournir les documents. Depuis, il en a reçu quatre cartons et s'amuse du contenu de ces sondages, sur la liaison du président avec Carla Bruni par exemple. Sondages qui "ne relèvent pas de la conduite de l'Etat ", dit-il.

L'écologiste n'entend pas s'arrêter là. Il a déposé des recours auprès du tribunal administratif pour obtenir les documents manquants et formulé une nouvelle demande pour recevoir les sondages suivants des années 2010 à 2012.