Comment les militants jugent la campagne de Marine Le Pen ?

Mardi 17 avril, Marine Le Pen a tenu le dernier meeting de sa campagne au Zénith de Paris. Avant le discours de la candidate, comment les militants et sympathisants jugent la campagne de la présidente du FN.

Marine Le Pen en meeting au Zénith de Paris
Marine Le Pen en meeting au Zénith de Paris (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Mardi 17 avril, Marine Le Pen a tenu le dernier meeting de sa campagne au Zénith de Paris. Avant le discours de la candidate, comment les militants et sympathisants jugent la campagne de la présidente du FN.

A l'entrée du Zénith de Paris, les hôtesses toutes de blanc vêtues distribuent aux arrivants le pin's clignotants de Marine Le Pen. Ils sont six mille attendus pour ce meeting de fin de campagne.

Comment jugent-ils la campagne de leur championne ?

Mention bien

"Elle se débrouille très bien", clament en choeur un trio d'amies. "Elle a de l'allure, de la classe", ajoute l'une d'entre elles. "Elle est moins agressive que les autres", poursuit sa copine.

Un peu plus loin, un militant est sur la même longueur d'ondes avec quelques nuances. "C'est une bonne campagne avec quelques erreurs, mais il ne faut pas oublier que c'est sa première campagne. C'est pas mal quand même. Ce qui est sûr c'est qu'elle ne fait pas une campagne pire que les autres", juge cet homme d'une cinquantaine d'années.

Une jeune femme de 23 ans, assise à côté de son petit ami attend que le meeting commence. "C'est quelqu'un d'accessible. On se sent touché. Elle est convaincante. Je n'aurais jamais voté pour son père", explique-t-elle.

Au même moment, celui-ci arrive dans la salle, sous les cris de "Jean-Marie, Jean-Marie". "Ma fille a fait une excellente campagne, au delà des espérances avec le peu de moyens que nous avions, déclare-t-il, assailli de toute part par la presse. Nous sommes confiants de la voir au second tour."

Mais est-ce encore son Front national ? C'est le débat qui commence à empoisonner en interne les cadres du FN.

Bémols

"Médiatiquement c'est une campagne très réussie", juge un responsable départemental d'ile de France qui regrette néanmois qu'il n'y ait pas eu assez d'action militante de terrain. "J'aurais bien aimé une caravane à travers la France (ndlr classique des campagnes frontistes d'antan). On a juste collé", poursuit-il.

Dans la salle, Baptiste étudiant en BTS banque, juge bonne la campagne de Mme Le Pen mais émet quelques bémols. "Je n'ai pas retrouvé le discours de rassemblement du 1er mai dernier. Elle a eu trop tendance à diviser. Elle a du tenir la ligne étroite entre les nouveaux arrivants comme moi et les anciens", regrette-t-il.

"Elle a oublié de parler à certaines catégories de la population comme le monde culturel et les gays. Ils ne sont pas forcément contre elle", estime un artisan parisien dans le monde de la mode. Avec Baptiste, ils lui ont même envoyé un courrier lui conseillant de mieux s'habiller.

Changement de nom ?

Interrogés sur un éventuel changement de nom du parti évoqué par Mme Le Pen dans une interview au Monde, la plupart semblent approuver. "Le Fn a une histoire et une mauvaise réputation. Pourquoi pas le rebaptiser si ça peut permettre de repartir d'un nouveau pied", pense Baptiste. "On est tellement diabolisé, si ça peut lever les préjugés", espère une des trois amies du début de l'article.

"Moi le nom ça m'est égal, tant qu'on arrive au pouvoir. Ce qui compte ce n'est pas le nom. Ce sont les idées", exprime un militant d'un certain âge.

Le reponsable francilien lui n'est pas d'accord. "On a mis quarante ans à faire vivre ce nom. Et aujourd'hui on n'est pas encore implanté localement. Quand on aura vingt villes et trois départements, alors peut-être. Mais aujourd'hui, ce serait une erreur", explique-t-il.