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Comment avez-vous vécu le 21 avril 2002 ? Des témoignages et des souvenirs

Le dimanche 21 avril 2002, Lionel Jospin était éliminé au terme du premier tour de la présidentielle. Le second tour allait opposer Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen. Dix ans après, le traumatisme est encore présent dans les esprits. Souvenirs.
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Un écran montre Jean-Marie Le Pen prononçant un discours le 21 avril 2002 [nid: 126606] (AFP PHOTO PATRICK KOVARIK)

Le dimanche 21 avril 2002, Lionel Jospin était éliminé au terme du premier tour de la présidentielle. Le second tour allait opposer Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen. Dix ans après, le traumatisme est encore présent dans les esprits. Souvenirs.

La date du 21 avril 2002 reste ancrée dans les esprits de nombreux Français. Dix ans après, FranceTV2012 a recueilli des témoignages.

Jacques, 52 ans

"J'étais devant ma télévision, à Rennes. Ca a été le choc. Surtout que je n'avais pas voté au premier tour. J'étais inscrit à Perros-Guirec, et habitant à Rennes, je n'avais pas pu me déplacer. Entre 5 000 et 6 000 personnes sont descendues dans la rue."

"Le lendemain, je me suis précipité au commissariat pour faire une procuration. Et je peux vous dire que je n'étais pas le seul ! Des dizaines de personnes faisaient la queue pour en obtenir une. Les effectifs de policiers avaient même été renforcés pour pouvoir répondre à la demande."

Sacha, 28 ans

"Pour la première fois de ma vie, je suis allé manifester à République, à Paris, avec quelques amis. Nous étions tous révoltés. Le lendemain, je reçois le mail d'une amie qui était à New York : j'apparaissais sur la Une du New York Times. J'ai bien sûr gardé un exemplaire du journal."

Constance, 40 ans

"C'était le début des vacances scolaires, je suis partie en Tunisie sans avoir le temps de faire une procuration, mais je n'étais pas inquiète.Je m'étais dit que je voterais au second tour."

"Et là, vers 19h 30, un journaliste annonce sur France 2 "une grosse surprise". Depuis ma chambre d'hôtel, j'ai cru à une blague. Jusqu'à ce que les résultats définitifs tombent à 20 heures. Moi qui n'avais jamais raté une élection ! Je garde un remords cuisant de ce moment."

Alexandre, 42 ans

"J'étais au QG de Lionel Jospin. Toutes les vedettes se pressaient à l'intérieur, de Zabou Breitman à Pierre Arditi. Ca donnait une image décalée du PS. De nombreux militants, eux, se sont retrouvés à la porte pour des raisons de sécurité. Finalement, ce qui s'était passé dans les urnes se traduisait dans les invitations."

"Jusqu'à 20 heures, on espérait que le résultat change. Puis, les plus jeunes ont commencé à chanter "L'Internationale". Les plus vieux les sommaient d'arrêter, en leur disant que c'était à cause d'eux qu'on était pas passé !"

Chloé, 24 ans

"A l'époque, j'avais 14 ans, je ne votais pas encore. Je me souviens que ma mère hésitait entre voter pour Olivier Besancenot et Lionel Jospin. J'avais vu un reportage qui parlait de la possibilité que Jospin ne passe pas le premier tour. J'ai donc convaincu ma mère de changer son vote."

"Peu après 20 heures, c'est une amie qui m'annoncé, comme si de rien n'était, que Le Pen était au second tour. Je me suis mise à pleurer, avec cette idée que j'aurais voulu voter pour changer les choses, que ce n'était pas juste. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. J'ai écrit mon indignation dans une lettre que j'ai envoyée à un magazine pour ados de l'époque. Quand je vote, désormais, j'ai ce moment en tête."

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