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Ces enfants de présidents dans l'ombre ou la lumière

Carla Bruni-Sarkozy l'a assuré, la plus grande discrétion entourera sa fille Giulia née mercredi soir à Paris. Mais sous la Ve République, plusieurs enfants de chefs de l'Etat se sont retrouvés bon gré mal gré sous les feux de l'actualité.
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Jean Sarkozy et David Martinon, alors porte-parole de l'Elysée (25 octobre 2007) (AFP)

Carla Bruni-Sarkozy l'a assuré, la plus grande discrétion entourera sa fille Giulia née mercredi soir à Paris. Mais sous la Ve République, plusieurs enfants de chefs de l'Etat se sont retrouvés bon gré mal gré sous les feux de l'actualité.

Sous De Gaulle et Pompidou, discrétion de rigueur
Au début de la Ve République, la discrétion est de rigueur et la vie familiale sous le boisseau. Des trois enfants du général de Gaulle (Philippe, né en 1921, Elisabeth, née en 1924, et Anne, atteinte de trisomie et morte à 20 ans en 1948), seul l'amiral Philippe de Gaulle se lance dans la politique, sans sortir de l'ombre écrasante de son père.

Si le fils de Georges et Claude Pompidou, Alain, fait une brillante carrière de médecin (brièvement ternie par l'affaire des foetus de Saint-Vincent de Paul), puis de député européen, il n'a guère les honneurs de la grande presse.

Avec Giscard, la famille présidentielle s'affiche
En 1974, Valéry Giscard d'Estaing s'inspire de la communication à l'américaine d'un Kennedy. Sa famille va servir l'image du candidat, puis du président. Une affiche de campagne le représente avec sa plus jeune fille, Jacinthe (âgée de 13 ans), sous l'intitulé "Paix et sécurité". En 1975, il pousse sa femme Anne-Aymone, malgré sa grande timidité, à présenter à la télévision ses voeux aux Français.

La fille cachée de Mitterrand
A l'inverse, le candidat François Mitterrand cache totalement, en 1981, l'existence de sa fille de six ans, Mazarine, née de ses amours hors mariage avec Anne Pingeot. Le 3 novembre 1994, le grand public stupéfait découvre à la une de Paris Match une jeune fille de dix-neuf ans, aux traits étrangement semblables à ceux du chef de l'Etat.

Si le visage rayonnant de Mazarine a dû adoucir les derniers mois du président, très malade, celui, défait, de son fils aîné Jean-Christophe (né en 1946, trois ans avant son frère Gilbert) contribue à la lumière crépusculaire du second septennat Mitterrand. En 1993 et 1994, le conseiller pour les affaires africaines de l'Elysée est mis en examen dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, six ans avant d'être écroué en 2000 à la prison de la Santé par le juge Courroye.

Claude Chirac, gardienne de l'image de son père
Aux deux septennats de François Mitterrand (1981-1995) succèdent le septennat et le quinquennat de Jacques Chirac (1995-2007). De ses deux filles, l'une, Laurence (née en 1958), frappée d'anorexie, est protégée de la curiosité des médias. L'autre, Claude, née en 1962, apprend à s'en prémunir en s'occupant de la communication de son père. Ce qui lui permet, aussi, de protéger sa propre image et celle de son fils Martin.

Famille Sarkozy : de la surexposition médiatique à la diète organisée
Avec Nicolas Sarkozy arrivent au pouvoir une droite décomplexée et un enfant de la télé. Le président de la République n'hésite pas à jouer de l'image d'une famille recomposée, belle et moderne, comme l'attestent les photos de son investiture en 2007 avec ses trois fils: Pierre et Jean (issus de son premier mariage avec Marie-Dominique Culioli) et Louis, fils de Cécilia.

C'est surtout le second fils du chef de l'Etat, Jean (né en 1986) qui retient l'attention. Aux municipales de 2008, après avoir soutenu "à mort" le porte-parole de son père, David Martinon, candidat à Neuilly, il le lâche tout aussi spectaculairement. Cette même année, il se fait élire conseiller général dans le fief paternel des Hauts-de-Seine.

En octobre 2009, le jeune homme, qui entame pour la troisième fois sa deuxième année de droit, est donné comme possible président de l'EPAD (Etablissement public pour l'aménagement de la région de la Défense). Devant le tollé à gauche comme à droite, l'Elysée recule.

Après un début de quinquennat marqué par une vie privée aussi agitée que médiatique (divorce avec Cécilia, remariage avec Carla...), la consigne est à la réserve alors que le pays est en crise et les sondages en berne. L'heure est à la diète médiatique... quitte à frustrer des médias en manque qui attendaient toujours, jeudi en milieu de journée, le prénom de la dernière-née des Sarkozy. Celui-ci sera finalement dévoilé en début de soirée : Giulia.

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