Un député PS dénonce la forte augmentation des rémunérations des conseillers ministériels

La rémunération moyenne des membres de cabinet est supérieure à celle du ministre (9 940 euros bruts par mois) dans 19 ministères, affirme René Dosière.

Le député socialiste René Dosière, le 25 juin 2013 à l\'Assemblée nationale.
Le député socialiste René Dosière, le 25 juin 2013 à l'Assemblée nationale. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Des "rémunérations choquantes". Le député PS René Dosière a dénoncé, jeudi 30 octobre, sur son blog les rémunérations dans les cabinets ministériels du gouvernement Valls. Ce spécialiste des dépenses de l'Etat s'appuie sur les données figurant dans les annexes du projet de budget 2015. Selon ses calculs, la rémunération moyenne des membres de cabinet est supérieure à celle du ministre (9 940 euros bruts par mois) dans 19 ministères.

"Par rapport au gouvernement Ayrault (2013), les rémunérations dans le gouvernement Valls (2014) sont en forte augmentation : +7,1%, à 8 201 euros pour la rémunération brute moyenne d'un agent, et +4,3%, à 2 235 euros pour les indemnités de sujétion [primes], note cet élu de l'Aisne. Il apparaît que c'est au secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur que l'on est le mieux payé (12 222 euros par mois), soit deux fois plus qu'à la Francophonie, ministère qui paie le moins bien."

Diminution de 1,3% à Matignon

Mais il a décerné un demi-satisfecit à Matignon, pointant "une diminution (-1,3% comparé à 2013)" du total des rémunérations pour les membres de cabinet du Premier ministre Manuel Valls, tout en reconnaissant un niveau "plus élevé (13 134 euros mensuels)", primes comprises, de la rémunération moyenne. D'août 2013 à août 2014, le nombre de membres du cabinet du Premier ministre est passé de 67 à 55 personnes, au vu de l'annexe au projet de loi de Finances.

Les données budgétaires montrent, notamment, une augmentation de la dotation annuelle du cabinet du Premier ministre pour les primes appelées "indemnités de sujétion particulières", passée à 6,1 millions d'euros, contre 5,85 millions en 2013 et autant en 2012. Sous François Fillon, dont le cabinet comptait alors 67 membres, l'enveloppe pour ces primes avait atteint 6,5 millions en août 2011.

"Alors que le gouvernement impose aux Français des efforts de rigueur, les membres des cabinets ministériels ne sauraient en être exonérés", a considéré le député socialiste, renouvelant sa proposition qu'aucune rémunération ne dépasse celle du ministre, ce qui ferait une économie de 3,8 millions d'euros (11% de la masse salariale).